La science-fiction dans la litterature

Le cycle de Dune, une saga de Frank Herbert

Mais qui est Frank Herbert ?

portrait de Frank Herbert
Portrait de l'écrivain

Frank Herbert est né le 8 octobre 1920 à Tacoma et est mort le 11 février 1986. Il s'agit d'un écrivain américain, d'un auteur de romans de science-fiction. Connu grâce à ses oeuvres qui ont eu un succès commercial, et qui furent acclamées par la critique, il doit surtout son succès à sa saga Dune.
Il a très tôt voulu devenir écrivain, et ment donc sur son âge afin d'avoir son premier emploi dans un journal.

A l'université, où il rencontre l'une de ses femmes, il n'étudie que les sujets qui l'intéressent tels que l'espèce humaine, la philosophie, l'écologie ou encore la religion, la politique et le pouvoir, et n'obtient donc pas de diplôme. Toutefois, il réussit à vendre deux de ses histoires à un pulp magazine. Herbert se remet au journalisme après l'université. Lorsqu'il publie Dragon osus la mer sa carrière d'écrivain débute véritablement. Le roman est inspiré par sa longue étude de la psychologie des profondeurs. Il y prédit des conflits mondiaux autour de la consommation et de la production de pétrole.
Lorsque l'écrivain, en 1959, doit écrire un article sur les dunes de Florence, il est fasciné et ne publiera jamais l'article. Il accumule toutefois bien plus d'informations que nécessaires pour cet article. C'est le début de la saga Dune.

C'est en 1972 qu'il devient un écrivain à plein temps. Il cesse d'ailleurs d'écrire pour les journaux. Lorsque sa femme décède, en 1984, il achèvera Les hérétiques de Dune.
Il dédicace son dernier roman à sa femme décédée. Frank Herbert décéde en 1986 d'une embolie pulmonaire, qui est survenue à la suite de son opération contre son cancer du pancréas.

L'auteur a été récompensé par deux prix : le prix Hugo ainsi que le prix Nebula.
Le prix Hugo est un prix littéraire américain créé en 1953. Il est décerné aux meilleurs récits de science-fiction ou de fantasy de langue anglaise par la World Science Fiction Society.
Le prix Nebula, quant à lui, est un prix littéraire américain décerné chaque année par la Science Fiction and Fantasy Writers of America. Frank Herbert a d'ailleurs reçu la première remise de ce prix, en 1966.

Quelle est l'histoire de la saga ?

couverture du roman Dune
Couverture du roman Dune

Dune

Onzième millénaire. Le Duc Leto, de la Maison des Atréides, a reçu de l’empereur Padishah Shaddam IV le fief de Dune, appelée aussi Arrakis, où est produite l’épice, dispensatrice de longévité et de prescience ; elle est aussi utilisée par la Guilde des Navigateurs. Dame Jessica, membre de l’ordre occulte du Bene Gesserit, a désobéi en donnant à Leto un fils, Paul. Lequel est pressenti par le Bene Gesserit comme étant le Kwisatz Haderach, sorte de surhomme issu de sélections génétiques, destiné à diriger l’humanité. La Maison s’installe sur la planète-désert, habitée par un peuple nomade réfractaire à l’Impérium, les Fremen. Mais le piège organisé par une Maison du Landsraad concurrente, les Harkonnens, avec l’appui secret de l’Empereur, se referme et Leto est assassiné par son médecin, Wellington Yueh, à la solde de Vladimir Harkonnen, tandis que des Sardaukars (gardes impériaux) attaquent les Atréides.

Paul et sa mère sont contraints de se réfugier dans les sietchs fremens. C’est là que Paul a la “révélation de l’épice”, et acquiert la prescience. Il parvient à se faire accepter comme l’un des leurs, puis comme le Messie attendu depuis des générations ; la croisade (Jihad) qu’il entreprend triomphe du Baron Harkonnen et de l’Empereur lui-même, dont il épousera la fille Irulan. Dans cette trame complexe se détachent des personnages forts : Thufir Hawat, mentat de Leto, Gurney Halleck, le guerrier-troubadour, Duncan Idaho, le maître d’armes qui mourra pour son maître, Chani, la concubine Fremen de Paul…

Le Messie de Dune

Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremen ont conquis l’univers. Partout flotte la bannière verte du Jihad des Atréides. Il est devenu l’Empereur Muad'Dib, presque un Dieu, et il voit l’avenir. Ses ennemis, il les connait : la Guilde spatiale, le Bene Gesserit, l’ancienne Maison Impériale Corrino et évidemment le Bene Tleilax. Il sait quand et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’Épice qui donne la prescience, et peut-être percer le secret de son pouvoir.

Leurs machinations sont multiples : ils tentent d’exploiter la nostalgie de certains des Feydakins, ils envoient le Danseur-Visage Scytale ainsi que Bijaz, le nain facétieux, et ils osent même ramener d’entre les morts — sous la forme du ghola Hayt — le fidèle serviteur des Atréides, Duncan Idaho, décédé sur Dune lors de l’attaque conjointe des Harkonnen et de l’ex-Empereur Corrino. La princesse Irulan suit ses propres plans et tente d’empêcher Chani, la Sihaya et concubine de Paul, de tomber enceinte et ainsi, de donner un héritier à la Maison Impériale des Atréides.

Paul sait que tous les futurs possibles mènent au désastre et il est hanté par la vision de sa propre mort. Et s’il n’avait le choix qu’entre plusieurs formes de suicide ? S’il ruinait son œuvre en combattant à nouveau ses ennemis ? Peut-être n’y a-t-il pour le prescient pas d’autre liberté que celle du sacrifice… Alors que Chani tombe finalement enceinte des jumeaux Leto — qui porte le nom de son grand-père — et Ghanima, Paul doit-il se sacrifier avec eux ? Doit-il suivre le Sentier d'Or qui s’impose à sa prescience ?

Et l'Homme créa un Dieu, Prélude de Dune

À peine sorti de l’École de Paix de Marak, Lewis Orne est envoyé en mission sur une des planètes perdues, qu’on vient de redécouvrir. L’Empire galactique, démantelé par la guerre des Marches, est en voie de réunification, et il faut empêcher le développement de civilisations guerrières dans les humanités séparées. Les hommes sont marqués par les horreurs de la guerre et la répression ne les aide pas à rééquilibrer leurs vies.

Mais Orne devine leurs problèmes et les résout comme par enchantement. Serait-il un foyer psi, un faiseur de miracles, un dieu en puissance ? Ceux qui le manipulent — le gouvernement, les prêtres du Surdieu, le contre-pouvoir secret des Nathians — jouent peut-être un jeu dangereux : créature devenue créateur, il peut causer douleur et souffrance. Sauf en trouvant le moyen d’apprivoiser la haine et la panique. Deviendra-t-il maître de lui ? de l’univers ? des deux à la fois ?

Les Enfants de Dune

Comme l’annonçaient les prophéties, Dune, la planète des sables est devenue un jardin. On trouve encore quelques vers géants et donc la fameuse épice de prescience peut encore être produite, mais pour combien de temps ?
De l’épopée de Muad’Dib, il ne subsiste qu’un empire conquis, des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et surtout, ses jumeaux, Leto et Ghanima, qui portent en eux nombre de générations. Mais, il y a également l’Abomination tellement crainte par le Bene Gesserit, et qui semble frapper Alia, sœur de Muad’Dib et régente de l’Empire. Les morts dominent les vivants. Les jumeaux devront se séparer et Leto mènera un rude combat dont la « récompense » sera non pas la prescience, ni la longévité, mais l’immortalité …

Poursuivant un mystérieux chemin, le Sentier d'Or que son père a refusé d’emprunter, Leto entamera une métamorphose dans le but de préserver la race humaine.
Pendant ce temps, la sœur de Paul succombe à la tentation et devient l’Abomination en cohabitant avec l’esprit du baron Harkonnen. Et quid de ce mystérieux prophète aveugle du désert qui ressemblerait au disparu Muad'Dib ?

L'Empereur-Dieu de Dune

À la suite de sa décision environ 3 500 ans plus tôt de mener l’humanité vers le Sentier d'Or, Leto II est devenu un dieu vivant et tyrannique, qui poursuit sa mutation en ver géant au fil des siècles. Sa prescience et sa mémoire génétique quasi illimitées lui permettent de maîtriser totalement les différentes organisations qui se partageaient auparavant l’univers, et qui tentent à présent tant bien que mal de résister à l’immense pouvoir de l’Empereur-Dieu, surnommé le « Tyran ».

Durant ces trois millénaires, Leto a bouleversé l’ordre ancien de bien des façons : les Grandes Maisons ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. La Guilde, le Bene Gesserit, le Bene Tleilax et Ix sont ramenés au rang de serviteurs auxquels on accorde de maigres récompenses pour les satisfactions apportées au Tyran. Les changements climatiques de Dune, instaurés par Paul Muad’Dib, ont conduit à l’extermination des vers géants dont le dernier spécimen vivant est l’Empereur.

D’un point de vue plus général, le règne de Leto II s’apparente à une stagnation intense, où la Paix de Leto est imposée sur tous les plans, qu’ils soient artistiques, culturels, ludiques ou religieux. Pourtant, le tyran se veut professeur. Son règne entier n’est qu’une leçon pour l’humanité entière, c’est son Sentier d'Or.
De son côté, Leto vit un interminable enfer, dû à sa connaissance innée du passé, du présent et de l’avenir de l’humanité. Accompagné depuis le début de sa transformation par de nombreux gholas, tous des copies de Duncan Idaho fournies par le Bene Tleilax, il attend le jour où le Sentier d'Or portera l’humanité au-delà des dangers de l’annihilation.

Le premier pas de cet ultime plan de survie pour l’humanité est donné par une jeune fille rebelle, qui va mettre fin au règne physique de l’Empereur et lancer un gigantesque sursaut de renouveau dans l’univers./p>

Les Hérétiques de Dune

Bien des choses ont changé depuis la mort de l’Empereur-Dieu il y a 1500 ans. Les Vers sont réapparus sur Arrakis (maintenant appelé Rakis), renouvelant la source de l’Épice. À la mort de Leto II, le système économique basé sur l’Épice s’est effondré. Une nouvelle civilisation s’est élevée, basée sur un nouveau triptyque. Les Ixiens avec leurs Non-vaisseaux. Le Bene Tleilax qui parvient à produire l’Épice dans les cuve Axolotl et ont créé un nouveau genre de Danseur-Visage. Et le Bene Gesserit, le toujours puissant ordre Matriarcal, tirant les ficelles politiques. Mais les gens de la Grande Dispersion reviennent maintenant avec leur propre pouvoir. Les Honorées Matriarches, une organisation violente de femmes entraînées au combat et au contrôle sexuel des hommes, en sont le meilleur exemple.

Sur Rakis, une jeune fille appelée Sheana a été découverte. Les Vers Géants lui obéissent. Le Bene Gesserit a l’intention d’utiliser un ghola de Duncan Idaho pour prendre le contrôle de Sheana et de l’ordre religieux qui bientôt vouera un culte à cette jeune fille. L’héritage Prana-Bindu du ghola a été modifié par le Bene Tleilax à la demande du Chapitre.
La Mère supérieure Taraza amène sur Gammu (ancienne Giedi Prime) le Bashar Miles Teg pour protéger le nouveau ghola. Taraza envoie également la Révérende Mère Darwi Odrade, fille biologique de Miles Teg, sur Rakis pour prendre le contrôle de la citadelle du Bene Gesserit sur cette planète. Lucille, une jeune Imprégnatrice du Bene Gesserit, est envoyée sur Gammu afin de se faire aimer de Duncan. Lucille doit être prudente car la révérende Mère Schwangyu, qui est à la tête du projet ghola, fait partie d’une faction du Bene Gesserit qui croit que le ghola représente un danger pour la survie du Chapitre.

Au-dessus de Gammu, Taraza est capturée et gardée en otage par les Honorées Matriarches à bord d’un vaisseau de la Guilde équipé de machines ixiennes. Les Honorées Matriarches insistent pour que Taraza invite Teg à bord, espérant prendre le contrôle du projet ghola. Teg réussit à secourir Taraza et son équipe. Un attentat est ensuite perpétré contre Sheana sur Rakis. Il est déjoué par le Bene Gesserit. Odrade commence donc à entrainer Sheana dans les voies du Bene Gesserit. À peu près au même moment, un autre attentat est perpétré sur le ghola Duncan, mais désamorcé par le Bashar Miles Teg qui s’enfuit avec Lucille et Duncan à travers la foret de Gammu. Caché dans un Non-globe Harkonnen, Teg procède au réveil douloureux du ghola, qui fait retrouver à Duncan ses souvenirs originaux et ce avant que Lucille ait pu imprégner le Ghola. Par la suite, Teg est capturé, mais Lucille et Duncan s’échappent. Le Bashar est torturé avec une Sonde-T venant de la dispersion. Durant l’opération Miles se découvre une nouvelle habileté accélérant ses réflexes physiques et mentaux, ce qui lui permettra de s’échapper. Pendant ce temps, Duncan est capturé et pris en otage.

Odrade organise une rencontre avec le Maitre des maitres Tleilaxu: Tylwyth Waff, qui sera forcé de lui révéler tout ce qu’il connait des Honorées Matriarches. Lorsque plus tard Waff tentera d’assassiner Odrade, elle parvient à le convaincre que le Chapitre partage leurs croyances religieuses (la grande Croyance), et lui propose une alliance qui créera la consternation au sein du Bene Gesserit. Comprenant que le but de Taraza, la Mère supérieure du chapitre, est de détruire Rakis, une alliance avec le Bene Tleilax devient une nécessité.

Lucille arrive finalement à la planque sécurisée de Gammu pour se rendre compte qu’elle a été envahie par les Honorées Matriarches qui ont capturé Duncan. Lucille infiltre les Honorées Matriarches et assiste à l’imprégnation de la jeune Matriarche Murbella sur Duncan. Pendant l’acte, Duncan voit surgir en lui ce que le Bene Tleilax avait caché, une méthode sexuelle équivalente pour séduire et imprégner. Murbella étant épuisée par ce talent inattendu, Lucille en profite pour assommer Murbella et secourir Duncan.
Les Honorées Matriarches attaquent Rakis, tuant Taraza. Odrade devient donc temporairement Mère Supérieure et s’enfuit sur le dos d’un Ver, en compagnie de Sheana. Teg en fuite se rend dans un repaire supposé sûr pour également le découvrir infesté par les Honorées Matriarches. Il tuera tous les gens se trouvant sur son chemin grâce à ses nouveaux pouvoirs. Il retrouve ensuite Lucille et Duncan et ils s'enfuient alors à bord d’un Non-Vaisseau avec leur otage Murbella sur Rakis.

Quand il arrive sur Rakis, Teg retrouve Sheana, Odrade et le Ver Géant. Il les fait monter à bord du non-Vaisseau en compagnie du Ver Géant. Dans un dernier combat suicidaire au milieu de ses troupes, il permet au non-vaisseau de s’enfuir. Les Honorées Matriarches dans un élan de fureur maladive détruisent Rakis et les Vers, excepté celui gardé à bord du Non-Vaisseau d'Odrade. Par la suite, ils noient le Ver, libérant les truites des sables qui transformeront finalement la planète du Chapitre en une nouvelle Dune.

La Maison des Mères

Dune a été détruite dix ans auparavant par les Honorées Matriarches dont les hordes imposent aux mondes de l’Empire leur puissance absolue fondée sur la soumission sexuelle. Celles-ci sont issues de Truitesses et de Révérendes Mères de la Dispersion. La planète du Chapitre, cachée des Honorées Matriarches, commence sa transformation en désert sous l’action des truites des sables produites par le ver, sauvé par Miles Teg au prix de sa vie. Le Bene Tleilax a été anéanti, à l’exception d’un seul Maître, Scytale, détenu par le Bene Gesserit dans un non-vaisseau. À ses côtés Murbella, Matriarche passée du côté des “sorcières” après avoir été séduite par Duncan Idaho ; enfin l’enfant-ghola de Teg sorti d’une cuve axlotl du Bene Gesserit.

Darwi Odrade, devenue Mère Supérieure après la mort de Taraza, propose de négocier. Dama, la Très Honorée Matriarche, accepte, s’attendant à une capitulation sans conditions. Teg, éveillé à ses vies antérieures par la Révérende Mère Sheeana et devenu capable de voir les non-vaisseaux, n’empêche pas le piège des Matriarches de se refermer sur le Bene Gesserit. Son offensive échoue, et la Mère Supérieure, faite prisonnière, y perdra la vie. Murbella a subi avec succès l’Agonie de l’épice. C’est elle qui sauve le Bene Gesserit en tuant la Très Honorée Matriarche et en prenant sa place. Les Sœurs formeront les Matriarches, leur instillant leur vision du monde. « Un mariage célébré sur un champ de bataille », commente Bellonda, la nouvelle Mère Supérieure (VI-638). Quant à Duncan Idaho, il disparaît dans l’espace à bord du non-vaisseau, en compagnie de Scytale et de l’enfant-ghola, libérant ainsi Murbella de sa sujétion.

L’épilogue révèle une nouvelle présence de la Dispersion.

Et à propos de la saga ?

adaptation par lynch
Adaptation de Dune par David Lynch

Le cycle de Dune est une saga littéraire de science-fiction. A la mort de l'auteur, son fils a ajouté des compléments à la saga à titre posthume. Plusieurs cycles s'ajoutent donc à celui original : Avant Dune ainsi que Dune, la genèse, Après Dune, Légendes de Dune et pour finir, Dune, les origines

La saga a été plusieurs fois adaptée au cinéma :

Le premier roman, Dune, fut d'abord publié dans une revue, en deux parties. Lorsqu'il est publié par une petite maison d'édition, il reçoit le succès des critiques. Cela est dû au fait que ce soit l'un des premiers romans de science fiction à prendre en compte l'écologie, ainsi qu'à aborder divers thèmes tels que la religion, la politique ou encore la survie de l'espèce humaine.

En abordant ces sujets, l'auteur a poussé ses lecteurs à s'y intéresser aussi. L'auteur, pour éviter de créer un culte, était très vigilant. Il veillait d'ailleurs à ne pas donner de réponse ferme et décisive aux questions qu'il soulevait dans ses romans.

Parmi les questions soulevées il y a par exemple les dangers liés au leadership -à travers Muad'Dib dans Dune - ou encore l'importance de penser sur le long terme et avec une approche systémique -écoloie abordée dans Dune.
A ces questions s'ajoutent aussi l'évocation de l'étendue du potentiel humain. En effet, Frank Herbert l'aborde sous différents angles comme la capacité à s'adapter à ses conditions de vie afin de survivre -les Fremens et les Dosadi dans Dune-, ou encore avec la spécialisation du corps et de l'esprit humain -à travers les techniques du Bene Gesserit dans Dune.

La façon dont le langage influence la pensée, la conscience et l'intelligence artificielle, les dangers du prophétisme ainsi que la santé mentale et la folie sont des domaines généraux développés aussi dans la saga, et notamment dans le premier roman.

1984, le roman de George Orwell

Mais qui est George Orwell ?

portrait de George Orwell
Portrait de l'écrivain anglais

Eric Arthur Blair, John Freeman et George Orwell, sont un seul et même homme. En effet, Eric Blair choisira George Orwell comme nom de plume. Né le 25 juin 1903 et décédé le 21 janvier 1950, à l'âge de 46 ans, l'homme, à la fois écrivain et journaliste, laisse derrière lui articles et romans. Ses oeuvres principales sont Hommage à la Catalogne, datant de 1938, La Ferme des animaux, 1945, et pour finir, 1984, datant de 1948.

Son inspiration est tirée de ses engagements ainsi que de son expérience personnelle. "Orwellien" est un adjectif découlant de son nom de plume. Il est utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain dans son roman 1984.
De ses années à l'internat à Saint Cyprian naît l'ouvrage intitulé Such, Such were the Joys. Il y décrit l'"épouvantable cauchemar" qu'il a vécu durant ces années, ainsi que la pression qu'il avait en étant entré grâce à une bourse. Il va aussi au collège d'Eton, où il est considéré comme un élève brillant, avant de se laisser aller à un tempérament rebelle, ainsi qu'à ses revendications. George Orwell aspire déjà à devenir un écrivain. Toutefois, ses débuts furent difficiles. En effet, si l'on en croit les témoignages de ses contemporains, il n'avait alors aucun don pour l'écriture. L'auteur travaille donc dur pour arriver au niveau qui le rendit célèbre. Il écrit des poèmes et multiplie les ébauches de romans. Ayant des problèmes financiers, il accepte un poste d'enseignant qui lui permet de s'avancer sur ses romans tout en travaillant. George Orwell s'intéresse alors à la vie que mènent les prolétaires afin d'avoir matière à écrire un roman.

Il part ensuite en Espagne, afin de se battre et d'écrire des articles pour des journaux. Lorsqu'il revient en Angleterre, il est sidéré par ce que disent les journaux sur la guerre d'Espagne et adhère alors à l'Independent Labour Party, un parti politique socialiste. Il estime que "le seul régime qui, à long terme, peut accorder la liberté de parole est un régime socialiste".
Comme l'ILP s'enfonce dans le pacifisme, l'auteur s'éloigne du parti. Ne pouvant pas s'engager dans l'armée à cause de sa santé, il est réformé.
Il envoie "Les lettres de Londres" durant la Seconde Guerre mondiale. C'est en 1944 qu'il achève l'un de ses romans les plus connus : La ferme des animaux. Lorsque sa femme décède, en 1945, il rentre à Londres et y termine son oeuvre la plus célèbre : 1984.
L'auteur décède de la tuberculose. Admis le mois précédent sa mort à l'University College Hospital de Londres, il y meurt après avoir pris des notes en vue d'un futur roman.

Quelle est l'histoire du roman ?

couverture du roman 1984
Couverture du roman 1984

Partie 1

Chapitre 1

Par une journée d’avril froide et claire, Winston Smith renonce à la cantine du Ministère de la Vérité où il travaille, pour regagner son domicile pendant la pause déjeuner. Un peu partout dans Londres, dominent les affiches géantes d’un homme d’environ 45 ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux. Une légende sous le portrait déclare : « Big Brother vous regarde ».

L’ascenseur fonctionne rarement en raison des coupures de courant. A l’intérieur de l’appartement, une voix provient d’une plaque de métal incrustée dans le mur : le télécran. Le son peu être assourdi, mais le télécran ne peut être éteint complètement. L’appareil reçoit et transmet simultanément : à travers lui, Winston peut être aussi bien vu qu’entendu par la Police de la Pensée. Au loin derrière la fenêtre, à un kilomètre environ, s’élève le ministère de la Vérité, gigantesque immeuble pyramidal en béton blanc avec sur la façade, les trois slogans du parti : « La guerre c’est la paix », « La liberté c’est l’esclavage », « L’ignorance c’est la force ».
En plus du ministère de la Vérité qui s’occupe des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts, trois autres bâtiments similaires sont répartis dans Londres.
Le ministère de la Paix qui s’occupe de la guerre, le ministère de l’Amour qui veille au respect de la loi et de l’ordre et le ministère de l’Abondance chargé des affaires économiques. Leurs noms en novlangue sont Miniver, Minipax, Miniamour et Miniplein. Une singularité de son appartement permet à Winston, en s’asseyant dans une alcôve, d’échapper au regard du télécran. Cette opportunité lui permet de commencer à rédiger son journal sur un livre ancien acheté dans une boutique du marché libre. Il note une date : 4 avril 1984. Après avoir commencé à écrire, Winston se remémore un événement intervenu le matin même pendant les Deux minutes de la Haine, l’exercice quotidien pendant lequel le visage d’Emmanuel Goldstein, ennemi juré de l’angsoc (le socialisme anglais) et du parti est diffusé sur les écrans pour être livré à la vindicte populaire. Winston a croisé Julia, une jeune femme membre de la ligue anti-sexe qu’il prend pour une espionne et O’Brien un membre élevé du parti qu’il soupçonne d’appartenir à la Fraternité, un réseau clandestin de conspirateurs.

Chapitre 2

Winston Smith est dérangé dans l’écriture de son journal par Madame Parsons, la femme d’un voisin de palier. Elle lui demande s’il peut réparer son évier qui est bouché. Winston s’exécute. Tom Parsons est un collègue de Winston au Ministère de la Vérité, un homme dévoué au parti qui occupe un poste subalterne où l’intelligence n’est pas nécessaire. Ses deux enfants, un fils et une fille, sont déjà endoctrinés, dans un an ou deux, ils surveilleront les symptômes de non orthodoxie de leurs parents.
Chaque semaine, la presse relate comment un petit mouchard quelconque appelé « enfant héros », a dénoncé ses parents après avoir entendu une remarque compromettante. Les enfants crient pour que leur mère les emmène à la pendaison de prisonniers eurasiens accusés de crimes de guerre. Après avoir regagné son appartement, Winston apprend par le télécran que son pays, l’Océania, vient de remporter une victoire importante contre l’Eurasia, laissant planer l’hypothétique fin de cette guerre qui n’en finit pas.
Retournant à la rédaction de son journal, Winston songe que le simple fait de formuler des idées le condamne tôt ou tard à mort : « le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort ». Il range son journal dans un tiroir et pose un grain de poussière blanchâtre sur un coin de la couverture : le grain serait ainsi rejeté si le livre était déplacé.

Chapitre 3

Winston rêve de ses parents et de sa sœur qui ont disparu quand il avait dix ou onze ans, probablement au cours d’une des premières grandes épurations des années 50. Le télécran émet un coup de sifflet assourdissant pour marquer sept heures un quart, heure de lever des employés de bureau. Une femme apparue sur le télécran prodigue un cours de gymnastique obligatoire et éreintant. Pendant qu’il effectue les exercices, Winston se remémore son enfance, au-delà des dernières années 50.
Durant son enfance, la guerre avait commencé et elle n’avait par la suite jamais cessé. Il lui était impossible de se remémorer la succession des événements, l’histoire étant continuellement modifiée par le parti. Ce dernier prétendait que l’Eurasia avait toujours été l’ennemie jurée de l’Océania elle-même alliée à l’Estasia. . Mais Winston savait que l’Océania avait été l’alliée de l’Eurasia contre l’Estasia il n’y avait de cela que quatre ans. Le mensonge passait dans l’histoire et devenait vérité. A tel point que personne ne pouvait dire si Big Brother était réel ou avait été inventé.

Chapitre 4

Sur son lieu de travail, sous le contrôle d’un télécran, Winston a pour mission de corriger d’anciens articles du Times. Les numéros modifiés sont ensuite réimprimés et archivés. L’histoire est continuellement réécrite pour accréditer la propagande du parti : les discours de Big Brother prédisent toujours ce qui va arriver, les projections de la production sont toujours exactes, les promesse non tenues comme celle de ne pas rationner le chocolat au cours de l’année disparaissent. Un numéro du Times peut être réécrit une douzaine de fois selon les circonstances.
Les plus grosses modifications concernent les personnes non existantes, autrefois glorifiées par le parti, puis tombées en disgrâce et disparues discrètement pendant une épuration. Toute trace de leur existence est rayée comme si elles n’avaient jamais existé. A l’inverse, Winston invente des personnages, tel que le camarade Ogilvy, mort victorieusement au front à 23 ans après une vie entièrement consacrée au parti. Les vieux papiers sont introduits dans des fentes reliées à d’immenses fournaises pour être détruits. On les surnomme « trous de mémoire ».

Chapitre 5

Winston retrouve son ami Syme à la cantine. Ce dernier travaille au Service des Recherches à compiler la onzième édition du dictionnaire novlangue. Les deux hommes parlent des sujets de prédilection de Syme : la pénurie de rasoirs et la pendaison de la veille.
Winston pousse son collègue à parler de la technicité du novlangue, conversation plus agréable à son sens. La novlangue vise à réduire les limites de la pensée : les mots sont détruits par centaines, jour après jour, pour rendre littéralement impossible le crime par la pensée en supprimant les mots pouvant l’exprimer. Syme pense qu’en 2050 au plus tard, le novlangue aura supplanté la langue courante.
Winston se dit que Syme est trop intelligent, trop zélé et que tôt ou tard il sera éliminé car il en sait trop. Parsons se joint à eux pour solliciter leur cotisation à l’occasion de la Semaine de la Haine, un quart du salaire de chaque individu étant réservé aux innombrables souscriptions volontaires. Le télécran relaie une annonce enthousiaste du Ministère de l’Abondance qui affirme que la production a augmenté de vingt pour cent en un an.
Tout le monde semble adhérer à ce discours, alors que les maisons sont délabrées et que les pénuries sont permanentes. Tout est laid. Winston croise le regard de Julia, la fille aux cheveux noirs : il est persuadé qu’elle l’espionne. La délation est généralisée, Winston se méfie de tout le monde.

Chapitre 6

Winston poursuit son journal, tandis qu’il repense à Catherine, sa femme et se remémore son premier écart avec une prostituée. Les mariages entre membres du parti devaient être autorisés par un comité. La permission était toujours refusée quand les membres du couple en question donnaient l’impression d’être physiquement attirés l’un vers l’autre. La seule fin du mariage admise était de faire naître des enfants pour le service du parti.
A défaut de tuer l’instinct sexuel, le parti essayait de le dénaturer et de le salir. Le mariage de Winston avait duré quinze mois, ils avaient pu se séparer faute d’enfant. Dévouée corps et âme au parti, Catherine n’avait aucune intelligence. En outre, elle n’avait pas la moindre sensualité.

Chapitre 7

Winston estime que l’espoir ne peut venir que des prolétaires, les quatre-vingt-cinq pour cent de la population d’Océania dédaignés par le parti. Ce dernier ne peut être renversé de l’intérieur. Contrairement aux membres du parti, les prolétaires jouissent d’une relative liberté comme en atteste le slogan du parti : « les prolétaires et les animaux sont libres ».
Il leur est seulement demandé de travailler et d’engendrer. Malheureusement, Winston estime qu’ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients, mais qu’ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés. La révolution prétend avoir aboli le capitalisme, mais les conditions de travail des prolétaires n’ont guère été améliorées.
D’ailleurs, les falsifications de l’histoire sont telles, qu’il est impossible de savoir à quoi ressemblait réellement Londres avant la Révolution. Winston se demande même si le capitalisme a réellement existé. Un jour, il a eu en mains une coupure du Times qui prouvait une falsification : trois membres du parti accusés de trahison étaient présents à une réunion du parti à New York alors qu’à la même date ils avaient confessé s’être rendus à l’étranger pour comploter.

Chapitre 8

Winston préfère déambuler dans les rues populaires de Londres plutôt que de participer à une soirée au Centre communautaire. Ce goût pour la solitude constitue une grave imprudence, les membres du parti devant toujours prendre part à quelque distraction collective. Une bombe fusée tombe sur un groupe de maisons qu’elle détruit complètement. Après s’être jeté au sol, Winston poursuit sa route. Les bistrots fréquentés par les prolétaires sont combles. Les masses laborieuses de l’Océania se passionnent également pour la loterie et ses lots faramineux, mais Winston sait, tout comme la plupart des membres du parti, que les gagnants des gros prix sont des gens qui n’existent pas. Winston entre dans un bistrot à la suite d’un octogénaire : il décide d’interroger le vieil homme sur sa jeunesse pour connaître la vérité sur le monde prérévolutionnaire.
Il lui offre des bières et l’écoute parler de bribes de souvenirs sans importance. Winston poursuit son chemin et arrive devant la boutique dans laquelle il a acheté le livre qui lui sert de journal. Il y achète un vieux presse-papier en verre contenant du corail, puis visite une chambre remplie de vieilleries appartenant au propriétaire de la boutique nommé Charrington. Il envisage de louer la pièce pour s’y aménager un refuge. En regagnant son domicile, il croise la fille aux cheveux noirs qui fait mine de ne pas le voir : il est de plus en plus persuadé qu’elle le suit pour l’espionner.

Partie 2

Chapitre 1

Quatre jours plus tard, au Ministère de la Vérité, Winston croise la fille aux cheveux noirs qui lui fait passer discrètement trois mots griffonnés sur un bout de papier : « je vous aime ». Il est agité après cette révélation et se demande comment il va pouvoir arranger une rencontre. Il décide finalement que l’endroit le plus sûr pour cela est la cantine. Jour après jour, il attend le moment idéal, quand elle sera seule et assez loin d’un télécran. L’occasion ne se présente qu’au bout d’une semaine, ils se donnent rendez-vous au square de la Victoire. Là, pendant le passage d’un convoi de prisonniers Eurasiens, elle lui donne rendez-vous le dimanche suivant à l’extérieur de Londres.

Chapitre 2

Après un trajet en chemin de fer d’une demi heure, Winston retrouve la fille aux cheveux noirs dans la campagne. Ils se cachent dans une clairière. Julia exècre le parti, mais présente un zèle dévoué pour se préserver. A l’abri des microphones cachés un peu partout, ils font l’amour, un acte politique fort, un coup porté au parti qui condamne la moindre pulsion sexuelle.

Chapitre 3

Julia et Winston retournent à Londres en empruntant des chemins différents. Pendant le mois de mai, ils continuent à se retrouver en cachette. Julia travaille aux machines du Commissariat aux Romans, mais les livres produits ne l’intéressent pas. Elle bénéficie d’une excellente réputation à tel point qu’elle a pu travailler pendant un an au Pornosec, sous-section du Commissariat aux Romans chargée de la production de pornographie à bon marché destinée aux prolétaires.
Julia déteste le parti, elle n’a jamais entendu parler de la Fraternité et refuse de croire à son existence. Winston dévoile à Julia de sombres pensées concernant sa femme et le parti. Il considère qu’ils sont des morts en sursis, car tôt ou tard, il seront démasqué et exécutés.

Chapitre 4

Winston attend Julia dans la chambre qu’il loue au-dessus du magasin de monsieur Charrington. Son sentiment pour elle a évolué tout au long du premier mois de leur rencontre : il ressent à présent de la tendresse à son égard. Julia le rejoint en apportant des mets savoureux destinés aux membres du parti intérieur : du sucre, du pain, un peu de confiture et du vrai café, pas du café de la victoire. Julia se maquille et se parfume, ils s’enlacent puis s’endorment l’un contre l’autre. A leur réveil, Julia chasse un rat de la chambre : Winston devint pâle, il lui avoue sa phobie des rats.

Chapitre 5

Un matin Syme a disparu sans laisser la moindre trace : il a cessé d’exister, il n’a jamais existé. Les préparatifs pour la Semaine de la haine battent leur plein : les symboles de l’Eurasia sont livrés à la vindicte populaire. Winston et Julia savourent leurs rendez-vous secrets dans la chambre de Charrington qui, en dépit de sa vétusté, est pour eux un véritable paradis. Leur existence leur semble moins pénible. Ils savent pourtant que cette situation ne peut pas durer indéfiniment. Winston croit en l’existence de la fraternité, Julia pense qu’il s’agit tout au plus d’une des innombrables balivernes du parti.

Chapitre 6

Le moment que Winston attend depuis des années vient enfin d’arriver : O’Brien s’adresse à lui en lui parlant de la dixième édition du dictionnaire novlangue et lui communique son adresse personnelle.

Chapitre 7

Winston se réveille après avoir rêvé de sa mère. Il se remémore son père qui a disparu très tôt sans lasser de trace, de son enfance miséreuse avec sa mère et sa petite sœur malade. Un jour, il se sauve après avoir volé un morceau de chocolat destiné à sa sœur. Lorsqu’il revient, un peu plus tard, sa mère et sa sœur ont disparu.
Il culpabilise encore d’avoir été dur avec sa mère. Il en parle à Julia qui s’endort. Winston se dit que le plus important n’est pas de rester vivant, mais de rester humain. Il pense que le parti peut lui faire dire n’importe quoi, mais qu’il ne peut pas lire ses pensées et lui faire croire n’importe quoi.

Chapitre 8

Winston et Julia se rendent chez O’Brien. L’appartement est luxueux et confortable, ce qui impressionne Winston qui a rarement eu l’occasion de voir une telle opulence. A la surprise de ses visiteurs, O’Brien décide d’éteindre le télécran, un privilège réservé uniquement aux membres du parti intérieur. Après avoir hésité un moment, Winston annonce à O’Brien que Julia et lui sont des ennemis du parti et qu’ils viennent le voir car ils le soupçonnent de faire partie de la fraternité.
O’Brien leur confirme que son domestique et lui sont des conspirateurs, qu’ils appartiennent à la fraternité et que leur chef s’appelle bien Emmanuel Goldstein. Il leur propose un verre de vin. Winston et Julia confessent qu’ils sont prêts à tout pour déstabiliser le parti, sauf à être séparés à jamais. O’Brien promet à Winston de lui faire parvenir le livre de Goldstein. Ils se séparent, Julia part la première suivie peu après de Winston.

Chapitre 9

Winston est épuisé par les innombrables manifestations émaillant les cinq premiers jours de la Semaine de la Haine. Au sixième jour, coup de théâtre, la vindicte populaire change de cible : l’Estasia est à présent l’ennemi juré, l’Eurasia devient un allié. Les affiches incitant à la haine contre l’Eurasia sont immédiatement changées. Winston regagne le Ministère de la Vérité, sachant que des journées de dix-huit heures l’attendent, puisqu’une grande partie de la littérature des cinq dernières années va devoir être réécrite : à compter de ce jour, l’Estasia a toujours été l’ennemi et l’Océania n’a jamais été en guerre avec l’Eurasia. Winston ainsi que les autres employés dorment sur des matelas dans les couloirs. Après six jours de travail intensif, ils obtiennent un après-midi de repos. Winston en profite pour attendre Julia à la chambre de Charrington. Il commence à lire le livre de Goldstein que O’Brien lui a fait parvenir dans une serviette.
Le chapitre 1 se nomme « l’ignorance c’est la force » et suggère que toute société humaine est divisée depuis l’origine en trois classes : la classe supérieure, la classe moyenne et la classe inférieure. Winston passe directement au chapitre 3 qui est intitulé « la guerre c’est la paix ». Il y est expliqué que le monde est divisé en trois super états en guerre permanente depuis vingt cinq ans. L’Océania comprend l’Amérique, les îles Britanniques, l’Australie et le sud de l’Afrique. L’Eurasia s’étend du Portugal eu détroit de Behring. L’Estasia comprend essentiellement la Chine et le Japon. De puissance égale, aucune de ces trois nations n’est en mesure de l’emporter sur les autres. Elles se disputent les territoires allant de Tanger à Hong-Kong, riches en matières premières et en main d’œuvre bon marché.

La guerre perpétuelle absorbe toutes les richesses sans élever le niveau de vie. Les trois classes sociales (parti intérieur, parti extérieur, et prolétaires) sont ainsi préservées de toute remise en cause par l’élévation du niveau de vie des classes inférieures. La guerre maintient la structure de la société. Le parti poursuit deux buts : conquérir toute la surface de la terre et éteindre toute possibilité de pensée indépendante. Les trois puissances produisent des bombes atomiques, mais ne s’en servent pas, craignant une destruction mutuelle assurée. De même, aucune des trois puissances n’essaye d’envahir la moindre parcelle du territoire de son voisin : les échanges entre les citoyens des différents états pourraient faire tomber la haine de l’étranger. Les trois états ont la même idéologie avec la même structure pyramidale et avec le même culte de la personnalité d’un chef quasi divin. Julia arrive au moment où Winston revient au chapitre 1.
Winston reprend la lecture, cette fois-ci à haute voix pour Julia. Les trois classes sociales sont irréconciliables : le groupe supérieur veut rester en place, le groupe moyen veut prendre la place du groupe supérieur et la classe inférieure prône une société égalitaire. Au travers de l’histoire, la lutte entre ces classes voit la classe moyenne supplanter la classe supérieure, avant d’être elle-même supplantée par une nouvelle classe moyenne. Au vingtième siècle des mouvements nouveaux prétendirent fixer une fois pour toute la domination de la classe supérieure qu’ils avaient décidé d’incarner : ces mouvements se caractérisent par la même idéologie inégalitaire et tyrannique s’appellent Angsoc en Océania, Néo-Bolchevisme en Eurasia et Culte de la Mort en Estasia. Après la période révolutionnaire qui se place entre 1950 et 1969, le nouveau groupe supérieur agira en sachant parfaitement ce qui est nécessaire pour maintenir sa position.
L’abolition de la propriété privée signifiait en fait la concentration de la propriété entre beaucoup moins de mains qu’avant, mais avec cette différence que les nouveaux propriétaires formaient un groupe (le Parti) au lieu d’être une masse d’individus : l’inégalité économique devient ainsi permanente. Big Brother est une figure allégorique, infaillible et toute puissante. En dessous, vient le parti intérieur, la classe supérieure représentant deux pour cent de la population. Ses membres sont admis à l’âge de seize ans sans aucune discrimination (pas d’hérédité, pas de critères raciaux, etc.). Le parti ne s’occupe pas de perpétuer son sang, mais de se perpétuer lui-même.
Il n’est pas important de savoir qui détient le pouvoir, pourvu que la structure hiérarchique soit toujours la même. De sa naissance à sa mort, un membre du parti est sous l’œil de la police de la pensée. Le premier devoir d’un membre du parti est d’avoir la faculté de s’arrêter net au seuil d’une pensée dangereuse (« arrêtducrime » en novlangue). Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi croire tout et son contraire (« noirblanc » en novlangue). Le changement continuel du passé n’est possible que grâce à la « doublepensée » qui est le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes deux. Julia s’est endormie : Winston arrête sa lecture au moment où il allait savoir pourquoi le parti veille farouchement à empêcher l’égalité humaine.

Chapitre 10

Lorsque Winston et Julia se réveillent, une voix de fer s’échappe de derrière le tableau de la chambre. Le tableau tombe, découvrant un télécran. Des hommes en uniforme s’emparent de Winston et Julia. Monsieur Charrington apparaît sans déguisement, ce n’est pas un vieux prolétaire, mais un membre de la police de la pensée âgé d’environ trente-cinq ans.

Partie 3

Chapitre 1

Winston suppose qu’il est détenu au Ministère de l’amour, mais il n’en a aucune certitude. La cellule ne comporte aucune fenêtre, seuls quatre télécrans sont disposés sur chacun des murs blancs. Il a faim. Les prisonniers défilent dans la cellule, passent un moment avec Winston puis sont emmenés en salle 101. Parmi eux, le poète Ampleforth arrêté pour avoir laissé le mot « God » à la fin d’un ver dans une nouvelle édition de Kipling et Parsons dénoncé par sa fille après avoir dit « à bas Big Brother » dans son sommeil. Un homme décharné entre à son tour. Un autre est violemment frappé pour avoir voulu lui proposer un vieux morceau de pain. O’Brien fait son entrée : il n’appartient pas à la Fraternité, bien au contraire, il est chargé de traquer les crimes par la pensée. Le garde assène un violent coup de matraque à Winston.

Chapitre 2

Les passages à tabac se succèdent puis se font moins fréquents. Ce sont ensuite des intellectuels du parti qui interrogent Winston en lui imposant des brimades pour annihiler son pouvoir de résistance. Winston confesse une multitude de crimes imaginaires, mais cela n’a aucune importance car aux yeux du parti, il n’y a aucune distinction entre la pensée et l’acte.
Winston est finalement emmené dans une salle et attaché sur un lit de camp. O’Brien se tient à côté de lui. A coup de décharges électriques, O’Brien fait comprendre à Winston qu’il n’existe qu’une vérité, celle du parti. Si Winston a des souvenirs différents de la version officielle du parti, c’est qu’il est sujet à des troubles mentaux, à des hallucinations. Le parti ne veut pas de martyrs : il veut changer ses ennemis, les briser. O’Brien apprend à Winston que Julia l’a dénoncé et qu’elle s’est convertie.

Chapitre 3

La réintégration comporte trois stades : étudier, comprendre, accepter. Winston entre dans le deuxième stade. O’Brien lui explique pourquoi le parti s’accroche au pouvoir : le parti recherche le pouvoir pour le pouvoir, rien d’autre ne l’intéresse. Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. La société du parti est fondée sur la haine. O’Brien demande à Winston de se déshabiller et de se regarder dans un miroir : ce dernier n’avait pas remarqué combien il était mince et faible, brisé par la torture et les humiliations. O’Brien explique à Winston qu’il est un cas difficile, mais que tôt ou tard il sera guéri de sa déviance et qu’à la fin, il sera fusillé.

Chapitre 4

Winston récupère lentement, jour après jour. Il a finalement capitulé, il le reconnaît. Il a découvert que la police de la pensée le surveillait depuis sept ans. O’Brien entre dans sa cellule et lui demande quels sont ses véritables sentiments à l’égard de Big Brother : Winston reconnaît qu’il le hait. Il est emmené salle 101.

Chapitre 5

Dans la salle 101, Winston est confronté à la pire de ses phobies : les rats. La peur est telle qu’il trahi et renie Julia.

Chapitre 6

Winston a été relâché, il est devenu une épave qui passe sa vie au bistrot. Il rencontre Julia par hasard, mais ils n’ont plus aucun sentiment l’un pour l’autre. Leur trahison mutuelle a brisé leur attachement. Un jour, le télécran délivre la nouvelle d’une victoire capitale de l’Océania sur ses ennemis : Winston va bien, il a remporté la victoire contre lui-même, il aime Big Brother.

Et à propos du roman ?

adaptation par rudolph
Adaptation par Rudolph Cartier

Ce roman est le plus célèbre de George Orwell, il a été publié en 1949. Il s'agit désormais d'une référence en tant que roman d'anticipation, de dystopie, et, plus généralement, de la science-fiction. Classée dans la liste des 100 meilleurs romans et nouvelles par le magazine Time, cette oeuvre a marquée les générations. Le roman est inspiré d'un ouvrage russe intitulé Nous autres, paru en 1920, ainsi que de La Kallocaïne, publié en 1940.

Le roman est clairement inspiré du système soviétique, avec son parti unique, son chef tutélaire qui est l'objet d'un culte de la personnalité, ou encore avec sa confusion des pouvoirs, ses files d'attente, ses slogans, ses camps de rééducation, ses confessions publiques et aussi ses affiches géantes.
On peut y trouver des emprunts au nazisme, au fascisme ainsi qu'au stalinisme.
L'auteur a mis dans son ouvrage le reflet de ses inquiétudes. En effet, on peut se rendre compte dans le roman que l'écrivain voyait dans les Etats-Unis la quintessence du monde moderne techno-maniaque. Orwell en fait l'un de ses avertissements dans 1984.

Ce dernier expose une autre théorie, à travers le manifeste du traître. Celle-ci part de la supposition que le pouvoir peut employer la misère à des fins politiques.
De nombreux intellectuels qui ont connu le régime stalinien se sont accordés pour saluer l'intuition orwellienne des mécanismes politiques et psychologiques du totalitarisme. Toutefois, selon d'autres, Orwell aurait tout simplement décrit, comme nul autre avant lui, la peur qu'a l'Occident du communisme.

Nombre des concepts inventés par George Orwell sont devenus des archétypes et ils font partie du jargon des sciences politiques. Parmi eux il y a par exemple, Big Brother, la Police de la Pensée ou encore le novlangue.
1984 a donné lieu à plusieurs adaptations cinématographiques ou télévisuelles :

De nombreuses oeuvres sont inspirées du roman d'Orwell et dépeignent un monde futuriste, totalitaire, et répressif qui fait écho à celui du roman. Il y a des livres, mais aussi des chansons comme Big Brother de Bernard Lavilliers, ou encore des publicités, des bandes dessinées ainsi que des jeux vidéo, comme Half-Life 2 ou encore Jak II.

Fondation, une trilogie de Isaac Asimov

Mais qui est Isaac Asimov ?

portrait de Isaac Asimov
Portrait de l'écrivain

Isaac Asimov est né le 20 janvier 1920 et est décédé le 6 avril 1992. Il aide très tôt ses parents en travaillant dans le candy store de son père. Cela le marque durablement.

Grâce à la naissance de son petit frère, il cesse d'aider au candy store et prend la charge de surveiller le bébé. Il peut alors aller à la bibliothèque, où il lit des nouvelles et des romans qui sont alors publiés dans des pulps.
Il y découvre la science-fiction populaire. Asimov, dès l'âge de onze ans, commence alors à écrire ses propres récits de science-fiction.

Il rédige Cosmic Corkscrew en 1937. Il s'agit d'un récit basé sur un temps hélocoïdal, qu'il présente à son rédacteur en chef. Ce dernier refuse alors son récit.
Après plusieurs autres tentatives, il parvient à vendre Au large de vesta. Ce récit marque le début d'une longue carrière.

Isaac Asimov s'engage en 1942 dans la Naval Air Experimental Station afin de participer à l'effort de guerre mais aussi afin d'avoir un emploi stable, qui lui permettra de se marier dans la même année.
Il poursuit ensuite ses études, en s'orientant vers la recherche chimique. Il devient docteur en sciences en 1948. Grâce à cela, il devient professeur de chimie biologique à l'université de Boston.

Vers la fin de sa vie, il essaie de donner une cohérence à l'ensemble de son oeuvre. Pour cela, il écrit des romans-charnières,qui relient ses histoires ainsi que ses personnages.
Il donne aussi leur chance à de nombreux nouveaux talents prometteurs, à travers le magazine qu'il a créé : Isaac Asimov's science fiction magazine.
L'auteur souffre d'insuffisances rénales ainsi que de problèmes cardiaques,santé. Il continue tout de même à écrire jusqu'à sa mort, en 1992.

Quelle est l'histoire de la trilogie ?

couverture du roman Fondation
Couverture du roman Fondation

Fondation

Première partie : les Psychohistoriens

An −1 de l’Ère de la Fondation. — Après l’arrivée de Gaal Dornick, nouveau mathématicien au sein du projet, Hari Seldon est jugé et son équipe est exilée sur une petite planète nommée Terminus aux confins de la Galaxie. Cet exil prévu par Hari Seldon aura pour but officiel la rédaction d’une Encyclopedia Galactica qui regrouperait toutes les connaissances de l’humanité afin de préserver son savoir lorsque commencera l’ère de barbarie. En réalité, il s'agit surtout pour l'Empire de se débarrasser de celui qu'il considère comme un agitateur politique.

Deuxième partie : les Encyclopédistes

An 50 È.F. — Lorsque les provinces impériales autour de Terminus se proclament royaumes indépendants les unes après les autres, la Fondation se sent bien isolée malgré son statut de protectorat de l’Empire. Salvor Hardin, maire de Terminus, entre en action pour préserver l’indépendance de sa planète, tandis que l’influence de l’Empire se fait de moins en moins sentir. Au plus fort de la crise, le jour anniversaire de la Fondation, un hologramme d’Hari Seldon, mort depuis des lustres, apparaît dans son caveau. Il apprend alors à ses auditeurs que l’Encyclopédie n’était qu’un prétexte pour permettre la création de la Première Fondation sans éveiller les soupçons. Il annonce également qu'il apparaitra à chaque nouvelle crise, lorsque, selon les lois de la psychohistoire, les hommes de la Fondation en seront réduits à une unique solution.

Troisième partie : les Maires

80 È.F. — Salvor Hardin a renversé le conseil de l’Encyclopédie et pris le pouvoir juste après la première apparition de Hari Seldon dans le caveau. Il fournit le seul atout de la Fondation, l’énergie nucléaire, aux royaumes voisins qui ne la possèdent plus, en échange de leur non-ingérence. Pour mieux la faire accepter, il bâtit une religion qui en contrôle la diffusion et l’utilisation. Avec l’appui des prêtres, il s’en servira ensuite comme arme pour prendre le dessus sur ses encombrants voisins, au premier plan desquels figure le royaume d'Anacréon.

Quatrième partie : les Marchands

135 È.F. — Les Marchands de la Fondation parcourent tout un secteur de la Galaxie en vendant des articles miniatures fonctionnant à l’énergie atomique. L’un d’entre eux (qui est aussi un membre de la fondation),est fait prisonnier sur Askone, une planète où cette énergie est taboue et il risque d'être exécuté. Un autre Marchand se rend sur Askone pour le délivrer. L’enjeu est de taille : seule l’énergie atomique et la religion qui lui est associée permettent à la Fondation de contrôler les mondes voisins et d’agrandir sa sphère d’influence

Cinquième partie : les Princes Marchands

155 È.F. — Des astronefs de la Fondation sont portés disparus dans le secteur de Korell, manifestement détruits à l’aide d’armes atomiques. Hober Mallow, marchand de la Fondation, est envoyé sur la planète Korell pour enquêter sur l’origine de ces armements. Il y découvre que l’Empire y est toujours vivant mais que sa technologie est tournée vers le gigantisme par rapport à la miniaturisation des équipements qui a prévalu sur Terminus, pauvre en minerais. Retournant la ruse de ses opposants contre eux, Mallow parvient à se faire élire comme Maire et abandonne la religion comme outil d’expansion, car elle n’inspire plus que méfiance et rejet dans les autres mondes.

Fondation et Empire

Première partie : le Général

Bel Riose, ambitieux général de l’Empire, le dernier des impérialistes d'après l'Encyclopaedia Galactica, interroge Ducem Barr sur la Fondation. Il décide à la suite de cet entretien d’annexer la Fondation, devenue trop indépendante. Le peu de renseignements sur la lointaine institution est compensé par l’enlèvement dissimulé d’un descendant de Hober Mallow par le général. Ce marchand de la Fondation avait visité une planète alors que Riose s’y trouvait également. Un dignitaire de la Fondation, Lathan Devers, se laisse capturer et s’infiltre comme espion.

Entre-temps, l’Empereur envoie Brodrig, son secrétaire privé en qui il a toute confiance, pour surveiller Bel Riose, ce dernier demandant inexplicablement des renforts pour lutter contre un ennemi insignifiant aux yeux de l’Empire. Interrogé par le secrétaire de l’Empereur, Lathan Devers annonce que la Fondation possède le pouvoir de transmuter les métaux. Ceci permet à la Fondation d’obtenir une richesse considérable, et donnerait ainsi un avantage certain à Riose dans la conquête de l’Empire. Les deux membres de la Fondation s’attendent à une arrestation du général par le secrétaire. Cependant, il apparaît alors que le secrétaire est prêt à s’associer à Bel Riose pour renverser l’Empereur.

Devers, associé à son compagnon Ducem Barr, décide de s’enfuir avant de passer à la psychosonde. Dans leur fuite, ils parviennent à récupérer une preuve capitale de la trahison du général et du secrétaire, et en informent l’Empereur. Cependant, après des semaines de paperasse et de corruption sur Trantor, la capitale impériale, un officier les en dissuade, car il voit dans leur hâte de rencontrer l’Empereur une tentative d’assassinat. Finalement, le général comme le secrétaire sont arrêtés et exécutés par l’Empereur qui soupçonne un coup d'État. L’Empire n’est plus alors un danger pour la Fondation.
À la suite de cette guerre, Siwenna devient la première province à passer de l'Empire à la Fondation.

Deuxième partie : le Mulet

Toran Darell et sa femme Bayta, membre des Marchands Indépendants originaire de la planète Port, se rendent sur Kalgan, sur indication de Fran, le père de Toran et de son oncle Randu, pour y rencontrer le Mulet, qui y règne en maître. Ce voyage périlleux a pour but de provoquer une crise Seldon, dans l’espoir d’améliorer la situation des Marchands indépendants, en tension extrême avec la Fondation.

Le capitaine Han Pritcher tente de convaincre le maire héréditaire Indbur qu’un nouvel ennemi, le Mulet, est une menace pour la Fondation. Pritcher révèle au groupe les origines floues du Mulet, se basant uniquement sur ce dont il est sûr : le Mulet est un mutant doué du pouvoir d’influer sur les émotions humaines.

À la suite d'un concours de circonstances, Bayta et Toran rencontrent le clown du Mulet, Magnifico, qui semble détenir une information capitale sur ce dernier. Ils décident de le ramener, avec l’aide de Prichter, sur Terminus. Les troupes du Mulet prennent cet enlèvement comme prétexte pour attaquer la Fondation. Les Marchands Indépendants, bien que s’opposant au pouvoir héréditaire du Maire et préparant une guerre civile, décident finalement de joindre leur forces à celles de la Fondation face à l’avancée inexorable du Mulet qui conquiert leurs alliés un à un.

Le clown, noyé dans une peur constante de son maître, ne révèle aucune information capitale permettant d’identifier le Mulet. Seldon apparaît dans la crypte, mais, à la surprise générale, ne parle que de la crise des Marchands Indépendants et ne mentionne rien sur le Mulet. C'est que celui-ci, acteur individuel donc imprévisible pour la psychohistoire, qui ne connaît que les grandes masses d'individus, a bouleversé à lui seul l’ordre des forces en présence (on y verrait en 2015 un effet papillon). À la suite d'une attaque éclair, Terminus tombe sous le contrôle du Mulet.

Troisième partie : le Clown

Sur Terminus en proie à la panique, les deux époux Bayta et Toran ainsi que le savant Ebling Mis et le clown Magnifico partent pour un bastion des Marchands. Pendant ce temps, Han Pritcher, qui s’implique dans la résistance, se verra, peu après, lors d’une attaque-suicide ratée contre le Mulet, converti par les pouvoirs télépathiques de celui-ci. Il lui voue désormais une admiration et une obéissance sans limites.

Le clown Magnifico, les époux et le savant décident de se rendre sur Trantor où Mis entend, à partir de la bibliothèque impériale, retrouver les fondements de la psychohistoire, science que la Fondation ignore, et s’en servir pour localiser la Seconde Fondation. Si la Seconde Fondation n'est qu'une boutade lancée par Seldon lui-même, pourquoi la Fondation ne comporte-t-elle pas un seul psychologue ni psychohistorien ? La Seconde Fondation doit donc certainement être une société secrète de psychohistoriens, gardiens du Plan Seldon, dotés eux aussi de pouvoirs psychiques, et donc seul espoir de la Première Fondation face au Mulet.

Après avoir reçu une visite diplomatique de Han Pritcher qui cherche sans succès à les dissuader de leur quête, les quatre personnages arrivent sur Néotrantor, pseudo-siège du pouvoir impérial après le Grand Pillage de Trantor. Ils viennent demander l'autorisation de se poser sur l'ancienne capitale mais sont accueillis avec méfiance. Le clown les sauve finalement en tuant le jeune fils de l'Empereur (presque sénile) grâce à un instrument de musique, le Visi-Sonor. Il laisse toutefois entendre qu'il l'a fait parce qu'il ne supportait pas que celui-ci manque de respect à Dame Bayta.

Seconde Fondation

Première partie : la Quête du Mulet

Le Mulet est désormais à la tête de l'Union des mondes, dont la capitale est la planète Kalgan. Depuis plusieurs années, il recherche activement la Seconde Fondation, qui de son côté tente de le contrer ou de le contrôler pour éviter des déviations irréversibles dans le Plan Seldon. Selon ce plan, la Première Fondation doit ignorer l'existence de la Seconde Fondation, pour que celle-ci assujettisse à terme ses élites de Terminus, et fonde une société vouée au mentalisme.

Un jour, sur Kalgan, Le Mulet décide d’associer à Han Pritcher, un acteur important de la traque, le non converti Bail Channis, qu'il suspecte d'appartenir à la Seconde Fondation. Il convoque ce dernier pour lui confier sa mission, et sature brusquement son esprit de désespoir. La brève résistance que Channis oppose alors avant de se laisser faire, confirme secrètement au Mulet qu'il est un espion infiltré de la Seconde Fondation.

Channis présente à Pritcher la planète Tazenda comme base possible de la Seconde Fondation. Pour cela il met en avant sa proximité phonétique avec le nom de code « Star’s End » de Seldon, et le fait que, vue de Trantor, elle est par un effet d'optique l’endroit où finissent les étoiles. Channis amène donc Pritcher, qui doute de ses capacités et de son intégrité mentale, sur une planète dominée par Tazenda, nommée Rossem. Pritcher, affolé à l’idée d’être contrôlé par la Seconde Fondation, obéit au Mulet et capture Channis qu'il accuse d'être un traître.

Deuxième partie : la Quête de la Fondation

Au sein de Terminus, un groupe d’individus se méfie néanmoins des pouvoirs psychiques de cette Seconde Fondation. Il est dirigé par le Dr Darell (fils de Toran et Bayta Darell, héros de Fondation et Empire) accompagné de Pelleas Anthor, de Jole Turbor, du Dr Evett Semic ainsi que de Homir Munn. Après un examen leur permettant de savoir si l’un d'eux a été influencé par cette Fondation, ils décident de s’intéresser au Mulet, qui semble avoir découvert de son vivant - à son grand dam - cette entité mystérieuse. Homir Munn est alors dépêché vers le Palais du Mulet, sur Kalgan, mais il est subrepticement accompagné de Arkady Darell, fille du Dr Darell, qui a espionné leurs réunions.

Le climat politique de la planète fait qu’il est difficile d’obtenir les autorisations nécessaires pour explorer un Palais qui est le siège d’une superstition tenace. La jeune fille se sert de Callia, la dame de compagnie du dirigeant Stettin, en lui prétendant que l’analyse de Homir Munn (qui se fait passer pour son oncle) vise à s’assurer de la suprématie de cette planète, Kalgan, malgré le Plan Seldon.

L’étude est donc rendue possible, mais tourne mal, et le prétendu oncle se retrouve arrêté pour collaborer plus étroitement à une conspiration inventée de toutes pièces. La jeune fille est cependant prévenue à temps par la dame de compagnie du dignitaire, et elle lui permet de s’échapper vers Terminus. Cependant, alors qu’elle la quitte, elle a une illumination : cette femme est un membre de la Seconde Fondation, et elle doit donc éviter Terminus qu’elle soupçonne secrètement d’être la cachette de la Seconde Fondation.

Elle fuit donc jusqu'au spatioport et, prévoyant de rejoindre Trantor, sa planète natale, elle rencontre fortuitement un groupe de Trantoriens qui s’apprêtent à rentrer chez eux. Elle tente d’obtenir leur soutien, et reçoit de l’aide, mais, la planète Kalgan entière étant à sa recherche, elle est épinglée par un officier qui contre toute attente, accepte un pot-de-vin de son protecteur, Preem Palver, marchand trantorien. Elle se doute alors du risque qu’elle court toujours, et, en sécurité sur Trantor, profite d'une mission de son « père » vers Terminus pour lui demander de transmettre un message secret à son vrai père : « Un cercle n'a pas de bout » - ce qui veut dire que la Fondation située « à l'autre bout de la galaxie » se trouve en fait sur Terminus même, ce qui lui permet d’avoir un contrôle étroit sur les affaires de la première Fondation.

Et à propos de la trilogie ?

roman de Gregory Benford
Roman ajouté à la saga, écrit par Gregory Benford

Tout d'abord sous forme de nouvelles publiées dans le magazine Astounding Science Fiction, l'éditeur Gnome les rassembla afin de publier la trilogie originale. Cette trilogie fut transformée en une saga. En effet, Asimov ajouta des romans à la trilogie fondamentale, ce après une trentaine d'années. Les ouvrages ajoutés se placent chronologiquement en aval et en amont des trois romans de base. Cela perturbe donc l'ordre chronologique du Cycle de Fondation qui est finalement comme cela :

Les deux premiers romans de la liste peuvent être considérés comme étant les noyaus du cycle étant donné qu'ils décrivent la genèse de la Fondation. Les autres romans apparaissent alors comme des extensions de ces deux derniers.

Isaac Asimov pensait fortement que sa saga avait inspiré George Lucas pour son univers Star Wars.

Après la mort de l'auteur, certains de ses lecteurs et disciples ont écrit d'autres livres sur la Fondation. Ces derniers se situeraient chronologiquement entre L'Aube de Fondation et Fondation :

En 1989, un recueil de nouvelles est paru sous le titre Foundation's Friends. Il regroupe des nouvelles écrites par dix-huit auteurs de science-fiction dans le style et/ou dans un lieu et/ou une époque déjà décrit/e par Isaac Asimov.

Fahrenheit 451, un roman de Ray Bradbury

Mais qui est Ray Bradbury ?

portrait de Ray Bradbury
Portrait de l'écrivain

Raymond Douglas Bradbury est né le 22 août 1920 et est décédé le 5 juin 2012. C'est un écrivain américain, il est considéré comme une référence dans le genre de l'anticipation. Il est principalement connu pour son oeuvre Fahrenheit 451, roman dystopique publié en 1953.

Pendant toute sa jeunesse il lit et écrit. Radbury passe beaucoup de temps dans les bibliothèques. Il attribue son habitude d’écrire quotidiennement au jour où en 1932 un amuseur de foire, M. Electroteck, l’a touché avec une lame électrifiée, faisant se dresser ses cheveux sur la tête, en criant « Vis pour toujours ! ».
Il publie sa toute première nouvelle de science-fiction lorsqu'il est âgé de 17 ans, intitulée Script.

Les années 50 lui amènent le succès. C'est un période prolifique pour lui, où il publie de nombreux ouvrages :

Il écrit aussi le scénario du film Moby Dick du réalisateur John Huston en 1953.
L'auteur a aussi écrit quelques pièces de théâtre, notamment dans les années 70.
Réputé pour son franc-parler, il en use jusqu’à la fin de sa vie, s’exprimant sur la nécessité de réformer le mode de gouvernement, ou soutenant la grève des auteurs d’Hollywood.

Ray Bradbury a désormais un prix à son nom. Ce dernier est remis par le regroupement d'auteurs de science-fiction Science Fiction and Fantasy Writers of America afin de souligner l'importance et l'excellence d'une oeuvre dramatique. Et ce, qu'elle soit présentée au cinéma, à la télévision, à la radio, au théâtre ou encore sur internet.

Quelle est l'histoire du roman ?

couverture du roman Fahrenheit 451
Couverture du roman Fahrenheit 451

Première partie : Le foyer et la salamandre

Dans la nuit, le pompier Guy Montag marche sur la route pour rentrer chez lui. Il rencontre une jeune fille de 17 ans, Clarisse, qui habite dans une maison voisine à la sienne avec son père et son oncle. Celle-ci est différente des gens qu'il cottoie habituellement : elle observe son environnement, elle réfléchit. Ils discutent ensemble quelques minutes ou plutôt elle lui pose quelques questions qu'il trouve surprenantes. Elle lui demande notamment s'il est heureux et elle s'en va avant qu'il n'ait le temps de répondre. Arrivé chez lui, il trouve sa femme Mildred étendue sur le lit sans connaissance et à ses pieds gît un petit flacon de cristal vide : elle vient d'absorber son contenu, une trentaine de somnifères. Il appelle les secours qui la sauvent à l'aide de deux appareils ( ils ne sont même pas médecins). Ils vident son estomac et remplace son sang par du sang neuf.
Le lendemain, elle ne se souvient plus de rien. On apprend qu'elle écrit un scénario.

A ce moment du récit, on a quelques informations sur la société dans laquelle les personnages évoluent:

Plus tard, de nuit, on retrouve Guy Montag dans la caserne où il travaille. Alors qu'il sort, il s'approche du limier électronique, animal-robot chargé de monter la garde. Il réalise que ce limier ne l'aime pas. Il se demande si c'est lié à ce qu'il cache chez lui. Il parle de l'attitude du robot à un de ses collègues, le capitaine Beatty, qui lui dit que c'est impossible. A la fin de leur conversation, le capitaine demande à Montag s'il n'a pas la conscience tranquille... Montag croise régulièrement Clarisse dans la rue. Il parle avec elle. Il lui dit qu'elle semble être différente des autres. A l'école, on lui dit qu'elle n'est pas sociable. Elle explique qu'elle aime observer et écouter les gens. Elle constate qu'ils n'ont pas de conversation. Elle parle souvent de son oncle, celui-ci lui décrit souvent comment était le passé (les enfants ne s'entretuaient pas, par exemple).

Depuis quatre jours, Montag ne voit plus Clarisse. Lorsqu'il en parle avec sa femme, cette dernière lui dit qu'elle pense qu'elle est morte, qu'elle a eu un accident. Il réfléchit à leur couple et réalise qu'il n'y a pas d'amour entre eux. Ni l'un ni l'autre ne se souviennent de l'endroit où ils se sont rencontrés dix ans plus tôt. Un peu à la traîne, Montag repart en mission. Son équipe se rend dans une maison qui contient des livres. La main de Montag en vole un. La femme qui y habite refuse de quitter les lieux et meurt brûlée avec ses livres. Montag est choqué par cette situation, en parle à sa femme qui ne comprend pas sa réaction. En même temps, il cache le livre qu'il a dérobé sous son oreiller. Le lendemain, il refuse d'aller travailler, il déclare qu'il est malade. Le capitaine des pompiers arrive chez lui et lui explique ce que les livres représentent dans la société : ils nivellent les gens par le bas car leur contenu est devenu plat et sant intérêt au moment où on les interdit; de plus, ils sont facteurs d'inégalités sociales. Pendant ce temps, Mildred découvre le livre caché sous l'oreiller par Montag, mais elle ne peut le dénoncer.
Le capitaine quiitte leur maison en demandant à Montag de revenir travailler. Le pompier reste seul avec sa femme et exprime son envie de changer les choses. Elle reste résignée. Subitement il se dirige vers la porte : au-dessus de celle-ci se trouve une cachette dont il extrait des livres. Sa femme lui demande de les brûler et perd son sang froid. Il la neutralise, elle se calme. Ils entendent le capitaine revenir puis s'éloigner.

Cette partie se termine alors qu'il vient de lire l'extrait d'un livre. Mildred trouve que son texte "ne veut rien dire du tout". Il lui demande d'attendre : " On va recommencer depuis le début".

Deuxième partie : Le tamis et le sable

Montag et Mildred continuent de lire. Peu à peu Mildred se désintéresse des livres et se tourne de nouveau vers les écrans. Montag décide d'aller voir Faber, un professeur d'anglais retraité, qu'il a rencontré quelques années plus tôt. Il pense qu'il l'aidera à comprendre les livres. L'homme est tout d'abord surpris et inquiet de cette visite puis il accepte de laisser Montag entrer chez lui. Il lui donne alors les trois éléments qui expliquent selon lui la disparition des livres dans leur société:

Après avoir entendu cela, Montag décide de sauver les livres. Il propose d'en réimprimer quelques-uns. Faber refuse d'abord puis accepte sous la menace (Montag s'est mis à déchirer les pages de la Bible une à une). Il lui donne ensuite un "coquillage" qu'il a fabriqué et qui est un radio-émetteur que Montag se glisse dans l'oreille pour rester en contact avec le veillard. Ce dernier pourra ainsi le guider et l'aider à parler avec le capitaine des pompiers.
Dehors, la guerre semble imminente.
Rentré chez lui, Montag assiste à une conversation qui a lieu entre sa femme et deux amies à elles. Elles parlent des enfants, de politique. Il est excédé et sort un livre. Mildred est horrifiée et justifie la présence de l'objet en disant que les pompiers ont droit d'en rapporter un chez eux une fois par an. Il se met à lire un texte poétique. Une des femmes, Mme Phelps, commence à pleurer.

Les femmes s'en vont. Il reste seul.
Montag se rend à la caserne. Dans l'oreillette, Fader lui demande d'être compréhensif et patient. Le capitaine Beatty lui parle longuement de la lecture et des livres. Il lui fait comprendre qu'il sait que Montag est attiré par les livres et essaie de l'en dissuder en énonçant des citations pour illustrer sa démonstration. Il lui raconte aussi un de ses rêves dans lequel Montag était présent. Le pompier est très affecté par ces propos. L'alerte retentit et les hommes montent dans la salamandre accomplir leur mission. Arrivé à destination, Montag se rend compte que le véhicule vient de s'arrêter devant chez lui.

Troisième partie : L'éclat de la flamme

Beatty demande à Montag de brûler lui-même sa maison. Mildred quitte les lieux et prend la route à toute allure. C'est elle qui a dénoncé son mari ( de toute façon ses amies l'avaient déjà fait auparavant). Lorsque la maison est réduite en cendres, Montag est abasourdi. Le coquillage émetteur tombe de son oreille. Beatty déclare qu'il va arrêter l'homme qui communique avec lui. Montag dirige alors la lance à incendie vers le capitaine des pompiers et l'enflamme. Il assome ensuite les deux autres pompiers. Le limier l'attaque et a le temps de la piquer avec sa seringue à la jambe avant d'être détruit par les flammes de Montag.

Sa jambe le fait souffrir mais après avoir récupére quatre livres cachés dans les buissons. Montag prend la fuite. Il entend qu'un avis de recherche le concernant a été lancé.
La guerre est déclarée.

Montag manque de se faire écraser en traversant la route. Il se rend ensuite chez un de ses anciens collègues pompier chez qui il cache des livres. Il le dénonce ensuite et la salamandre arrive pour remplir sa mission destructrice.
Puis Montag va voir Faber. Il lui laisse de l'argent. Ils apprennent qu'un limier-robot infaillible est à la recherche du fugitif. Il prend la fuite;
Traqué, il saute dans l'eau du fleuve et se laisse dériver. Il arrive sur une berge où quelques hommes sont regroupéss autour d'un feu de camp. Ce sont des marginaux qui vivent à l'écart des villes. Ils ont la capacité de retenir par coeur le contenu d'un livre à paritr du moment où ils l'ont lu une fois. Ils sont ainsi les garants des contenus des oeuvres. Ils disent être des "couvertures de livres".

Au loin, ils assistent à la destruction de la ville par un bombardement. Ils prennent la route vers le nord, ayant pris conscience de l'importance du devoir de mémoire pour les hommes et allant vers les autres pour les aider. Montag marche en tête.

Et à propos du roman ?

couverture des chroniques martiennes de Bradbury
Couverture des Chroniques martiennes

Le roman Fahrenheit 451 est une dystopie de Ray Bradbury. Il a été publié en 1953. L'oeuvre a été récompensée du prix Hugo en 1954.
Le titre fait référence au point d'auto-inflammation du papier, et ce, en Fahrenheit. La température équivaut à 232,8°C.

C'est dans les années 20 à 50 que l'on voit se développer la science-fiction. Dans les années 50 apparaissent les grands auteurs comme Phillip K. Dick, Isaac Asimov ou encore Ray Bradbury.
Ce dernier se démarque toutefois des autres. En effet, il a un style plus poétique et une vision pessimiste de la société contemporaine.

En outre, Bradbury rejette le titre d'écrivain de science-fiction : « Avant tout, je n'écris pas de science-fiction. J'ai écrit seulement un livre de science-fiction et c'est Fahrenheit 451, fondé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. La Fantasy est une description de l'irréel. Donc Les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c'est de la fantasy. »

L'auteur aborde dans son roman divers thèmes. La société apocalyptique en est un des plus criants. En effet, on y voit une société qui est déshumanisée, où l'amour n'existe plus, il n'y a plus sa place - Montag et sa femme ne se rapelle même plus de leur rencontre-. L'intelligence a aussi disparu - les gens se contentant d'avoir la même opinion que celle officielle-, ainsi que la communication - "Les gens ne parlent de rien".
Le culte de la violence, au nom du bonheur, est en place. On se demande donc si la société décrite dans Fahrenheit 451 n'est pas redevenue primitive.

Bradbury croit en une vision humaniste de l'homme ainsi que du monde. En effet, il pense qu'il faut garder espoir car une société comme il décrit dans son oeuvre n'est pas viable. Pour lui, le bonheur est de jouir des petites joies prodiguées par la nature et non par les bonheurs artificiels.

Le meilleur des mondes, un roman de Aldous Huxley

Mais qui est Aldous Huxley ?

portrait de Aldous Huxley
Portrait de l'écrivain

Aldous Leonard Huxley est né le 26 juillet 1894 et est décédé le 22 novembre 1963. C'est un écrivain et essayiste britannique, plus particulièrement connu pour son roman Le Meilleur des mondes.
Enfant, il est doué intellectuellement et fin d'esprit, bien que fragile. Il entre à l'internat à l'âge de neuf ans. Il est alors préparé à défendre ses idées.

Admis au Balliol College d'Oxford, il s'intéresse à la littérature. Cet intérêt est avant tout d'ordre intellectuel. Ce n'est que bien plus tard qu'il prend conscience de l'importance des sentiments dans son expression philosophique et littéraire.
Afin de gagner sa vie et de payer ses études, Aldous Huxley donne des cours de français où étudie aussi George Orwell. C'est son besoin d'argent qui le conduit à dévélopper ses talents d'écrivain.

Il se tourne de manière décisive et intentionnée vers la littérature à l'âge de 20 ans. Journaliste, critique musical et critique d'art, il voyage et fréquente l'intelligentsia européenne de l'époque.
Pendant les années 30, il écrit de grands romans sur les menaces du mariage du pouvoir, du progrès technique ainsi que des dérives de la psychologie - telles que le béhaviorisme - contre la guerre et le nationalisme.

Huxley aborde de grands thèmes comme le fait que dans les civilisations modernes la plupart des individus s'accordent dans le même désir d'un monde de liberté, de paix et de justice, d'amour fraternel, mais ne sont pas capables de s'accorder sur la manière d’y parvenir.Dans La fin et les Moyens, il enquête ensuite sur les raisons de la confusion et du désaccord, ainsi que sur les moyens d'y remédier.

On diagnostique chez l'écrivain un cancer de la gorge en 1960. Sa santé se détériore dans les années qui suivent. Il mourra en 1963, incapable de parler à cause de son cancer.
Sa mort fut, dans les chroniques, éclipsée par celle de John Fitzgerald Kennedy, survenue le même jour.

Quelle est l'histoire du roman ?

couverture du roman Le meilleur des mondes
Couverture du roman Le meilleur des mondes

Chapitre 1

Le directeur du Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central fait visiter ses locaux à un groupe d’étudiants nouvellement arrivés. Le directeur leur présente les différentes étapes du processus de fécondation artificielle et les dernières prouesses technologiques : le procédé Bokanovsky, permettant de cloner jusqu’à 96 fois les ovules fécondés des Gammas, Deltas et Epsilons, couplé à la technique de Podsnap de croissance accélérée, permettent d’obtenir onze mille frères et sœurs dans cent cinquante groupes de jumeaux identiques, tous du même âge à deux ans près, voire même plus de quinze mille individus adultes à partir d’un seul ovaire. Ces manipulations génétiques ayant pour objet de garantir la stabilité sociale grâce à des hommes et des femmes uniformisés. Toute l’idéologie de l’Etat planétaire est contenue dans sa devise : « Communauté, Identité, Stabilité ». Les embryons sont ensuite immatriculés dans la salle de prédestination avant de finir dans la salle de décantation où ils subissent des manipulations supplémentaires permettant de les différencier avec d’un côté les Alphas et les Bêtas, la future élite de la société, et d’un autre côté les Gammas, Deltas et Epsilons, constituant une main d’œuvre laborieuse et peu qualifiée. Pour terminer, des infirmières dont Lenina Crowne inoculent des maladies aux embryons afin de les immuniser dans l’avenir.

Chapitre 2

Les étudiants et le directeur parviennent au cinquième étage du bâtiment abritant les pouponnières et les salles de conditionnement néo-pavlovien où les enfants sont conditionnés à coups de sirènes et de secousses électriques pour y apprendre la haine des livres et des fleurs, les livres car ils sont considérés comme subversifs et les fleurs car elles sont gratuites donc contraires à la consommation de masse qui fait tourner les usines. L’hypnopédie, enseignement pendant le sommeil, est utilisée non pour acquérir un savoir, mais pour conditionner les comportements acceptation des classes sociales, etc.).

Chapitre 3

La visite se poursuit dans le jardin, pendant la récréation. Les enfants font une partie de Ballatelle Centrifuge, un des jeux compliqués homologués par les autorités pour stimuler la consommation. Les enfants apprennent également les jeux érotiques : la sexualité est enseignée aux enfants comme un jeu.
Sa Forderie Mustapha Menier, l’administrateur Résident de l’Europe Occidentale, un des dix administrateurs mondiaux, interrompt à cet instant la visite des étudiants. Il explique aux étudiants que l’histoire a été effacée. Il leur apprend que les hommes autrefois étaient vivipares, monogames et vivaient en famille. Les étudiants frémissent à cette idée. L’antique leader, « Notre Ford » ou « Notre Freud » comme il lui plaisait de s’appeler, a été le premier à considérer la vie de famille comme un danger pour la stabilité sociale, cause selon lui de pauvreté, d’incertitude, de passion, de sentiments. L’enseignement par le sommeil et le système des classes ont été rejetés dans un premier temps comme atteinte à la liberté. Puis vint la guerre de Neuf Ans en l’an 141 de « Notre Ford » et avec elle la destruction des livres, le conditionnement, la consommation obligatoire, les classes sociales, la destruction des monuments historiques, l’abandon de la religion et bien sûr le soma.

La très jolie Lenina Crowne quitte son poste de travail, prend un bain aux vestiaires puis se change. Elle explique à Fanny, une collègue, qu’elle sort depuis quatre mois avec Henry Foster sans avoir vu un autre homme. Pourtant, les relations exclusives qui s’éternisent sont très mal vues : chacun appartient à tous les autres. Lenina finit par avouer qu’elle se lasse peu à peu d’Henry Foster et qu’elle est attirée par Bernard Marx qui a pourtant la mauvaise réputation d’être solitaire. Il l’a pourtant invitée à visiter une réserve à sauvages. Fanny trouve que Bernard Marx est laid pour un Alpha-Plus, mais son air plait à Lenina.
De son côté, Henry Foster s’étonne avec un collègue d’être le seul des deux à être sorti avec la « pneumatique » Lenina. Il lui conseille vivement de l’essayer. Bernard Marx entend leur conversation. Il est écoeuré de constater qu’ils parlent de Lenina comme s’il s’agissait d’un morceau de viande.

Chapitre 4

Section I

Dans l’ascenseur menant au toit du centre Lenina Crowne côtoie Georges Edzel et Benito Hoover, ses anciens amants, ainsi que Bernard Marx. Arrivés sur le toit, ils constatent qu’il fait beau et chaud. Lenina s’envole à bord de l’hélicoptère d’Henry Foster après qu’il lui a reproché quatre minutes de retard. Il arrivent à Stoke Poges et commencent une partie de Golf-Obstacles.

Section II

Bernard Marx, complexé, traverse le toit du centre les yeux baissés en direction de son garage privé. Il souffre des potins qui circulent au sujet de l’alcool qui aurait été versé par erreur dans son pseudo-sang. Il se sent inférieur en raison de son physique plus proche d’un Gamma moyen que d’un Alpha. Sa petite taille notamment fait qu’il est constamment l’objet de railleries de la part des femmes. Il se sent un paria et se sentant un paria, il se conduit comme tel, intensifiant l’hostilité et le mépris qu’éveillent ses défauts physiques. Il se sent même obligé d’être désagréable avec les membres des castes inférieures pour affirmer son autorité. Une fois dans son avion, il vole en direction du sud et atterrit sur le toit de la Maison de la Propagande. Il y rencontre Helmholtz Watson, un bel homme qui ressemble bien à un Alpha-Plus, contrairement à lui. Il exerce la profession de maître de conférence au Collège des Ingénieurs en Emotion. Helmholtz est doué, mais un peu trop. Tout comme Bernard se sent isolé en raison de ses déficiences physiques, Helmholtz se sent isolé en raison de son excès mental. Travail, sport, amour, il excelle en tout, mais finalement s’intéresse à autre chose. Il a mis un terme à toutes ses activités, à la stupéfaction de tous. Il envisage de faire autre chose, mais quoi ? Les deux hommes partent ensemble en avion jusqu’au domicile de Bernard.

Chapitre 5

Section I

A la tombée de la nuit, Lenina et Henry abandonnent leur partie de golf. Ils partent en hélicoptère et voient les membres des castes inférieures qui rentrent chez eux en monorail. De même les castes inférieures vivent dans d’énormes casernes, tandis que les Alphas et les Bêta vivent dans des maisons plus petites. Ils passent au-dessus du crématorium dont les fumées sont recyclées pour produire du phosphore. Chaque caste est néanmoins satisfaite de sa condition grâce au conditionnement : « chacun travaille pour tous les autres, nous ne pouvons nous passer de personne ». Dans cette société ordonnée : « Tout le monde est heureux ». Après avoir dîné à la salle à manger de l’immeuble d’Henry, ils terminent le repas avec un peu de soma puis traversent la rue pour aller danser dans un cabaret qui vient d’ouvrir depuis peu de temps. La musique de l’établissement vante les bienfaits du soma, le « flacon que j’aime ». Plusieurs doses plus tard, plongés dans leur bonheur artificiel, ils regagnent le domicile d’Henry. Lenina n’oublie cependant pas de prendre toutes les précautions anticonceptionnelles réglementaires.

Section II

Un jeudi sur deux, à l’occasion du jour des Offices de la Solidarité, Bernard Marx se rend en taxicoptère à la Chanterie, dont le bâtiment en pseudo marbre blanc de carrare se distingue par son horloge appelée « Big Henry ». Dans une des 7000 pièces de la Chanterie, Bernard Marx se retrouve parmi un groupe de 12 personnes composé de 6 hommes et de 6 femmes en alternance autour d’une table. A coups de formules rituelles et de coupe de l’amitié remplie de soma, les 12 personnes participent à un office s’inspirant de l’eucharistie chrétienne. Bernard Marx fait semblant de ressentir une extase comme les autres participants, mais en réalité il est parfaitement réfractaire au rituel. Il se sent isolé et différent des autres.

Chapitre 6

Section I

Au fil des semaines, Lenina Crowne trouve Bernard Marx de plus en plus bizarre. Elle se demande même si ce voyage en Amérique avec lui est une bonne idée. Pourtant il est un des rares en tant que psychologue Alpha-Plus à avoir une accréditation pour visiter une Réserve à Sauvages. Lenina ne voudrait manquer cette opportunité pour rien au monde. Cependant, elle le trouve inquiétant dans sa manie de préférer faire des activités dans l’intimité (promenades en amoureux notamment) en évitant soigneusement la foule. Il évite de prendre du soma, préférant rester lui-même et désagréable, plutôt qu’un autre aussi gai soit-il. Il veut ressentir les choses, mais c’est interdit car cela menace la communauté.

Section II

Le directeur de Bernard Marx signe à contrecœur son autorisation pour se rendre dans une Réserve à Sauvages car elle est sur papier à entête au nom de l’Administrateur Mondial Mustapha Meunier. Il n’approuve pas la conduite privée individualiste de Bernard qui nuit à l’image de son Centre. A la surprise de Bernard, le directeur lui confie néanmoins une anecdote personnelle, quand vingt cinq ans auparavant, son amie de l’époque disparut dans la même réserve lors d’une visite similaire.

Section III

Bernard et Lenina arrivent en fusée à la Nouvelle-Orléans et dorment dans un des hôtels luxueux que Lenina affectionne par-dessus tout. Le lendemain matin, ils partent pour la réserve qui est entourée d’une clôture électrique. A l’intérieur, vivent environ 60 000 personnes qui conservent leurs coutumes : famille, mariage, religion, etc. Helmholtz Watson apprend par téléphone à Bernard Marx qu’il va être muté en Islande dans un sous-centre car il ne respecte pas les conventions sociales de sa caste. Bernard est abattu par la nouvelle et se détend avec une dose de sauma, dans le voyage en avion qui l’amène à la réserve en compagnie de Lenina.

Chapitre 7

Quittant l’auberge, Bernard et Lenina gravissent la montagne, accompagnés de leur guide, en direction du pueblo de Malpais. Arrivés au sommet, ils découvrent un village indien très différent de leur monde : les indiens sentent mauvais, les ordures s’entassent, les femmes donnent le sein à leurs bébés. Pire encore, les vieux indiens sont édentés, ridés, amaigris. Ils ne gardent pas leur jeunesse intacte jusqu’à soixante ans comme dans le monde de Bernard et de Lenina. Cet univers choque Lenina qui regrette d’avoir oublié son soma à l’auberge, mais émerveille Bernard. Sur la place du village, ils assistent à une curieuse cérémonie au cours de laquelle un jeune homme de dix-huit ans se fait flageller jusqu’au sang, au milieu des chants et du battement des tambours, pour faire venir la pluie et faire pousser le blé. L’homme tombe finalement sous les coups et la foule se disperse. Lenina est horrifiée. Bernard et Lenina font alors la connaissance de John, un homme blanc, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, habillé comme un indien. Il leur présente sa mère, prénommée Linda, qui est en réalité la compagne du directeur de Bernard qui avait disparu dans la réserve vingt-cinq ans auparavant. Linda est obèse, abîmée par les années et sent l’alcool. Elle leur raconte l’enfer qu’elle a vécu pendant toutes ces années dans la réserve, loin, très loin de la civilisation, dans un univers radicalement différent du sien.

Chapitre 8

John raconte sa vie à Bernard Marx. Il lui montre la petite maison dans laquelle il vit avec sa mère en dehors du village. Il lui parle des amants de sa mère, souvent mariés et de leurs femmes jalouses qui viennent ensuite la frapper. Il explique que l’un d’eux, prénommé Popé, a commencé à rapporter de l’alcool à sa mère qui se met à boire de plus en plus et se laisse aller. Enfant, il écoute souvent sa mère qui lui parle de « Là-bas », cet autre monde d’où elle vient. Il écoute aussi les vieillards du pueblo raconter des histoires indiennes étranges et merveilleuses sur Jésus, Marie, le Grand Aigle, etc. Plus tard, Linda lui apprend à lire. Popé ramène un jour un vieux livre de Shakespeare que Linda offre à John. Plus John aime les mots dans le livre, plus il déteste Popé et son oisiveté. Un jour il frappe Popé avec un couteau, mais il n’arrive pas à le tuer. A quinze ans, John apprend à travailler la glaise, puis à façonner l’arc. A seize ans, il connaît sa première déception amoureuse : la jeune Kiakimé qu’il aime en épouse un autre. John est souvent seul, victime du mépris des autres adolescents pour le fils d’une étrangère. Bernard Marx partage cette solitude avec le jeune sauvage. Soudain, une idée lui vient à l’esprit, un esprit de vengeance : il envisage de se servir de John contre le directeur qui veut l’expédier en Islande. Il propose à John et à sa mère de le suivre à Londres. Le jeune sauvage est enthousiaste et se prend à rêver d’un monde meilleur…

Chapitre 9

Lenina avale six comprimés de soma dès son retour à l’auberge. Pendant que sa compagne plonge dans un monde merveilleux sous l’emprise de la drogue, Bernard peaufine son plan. Il se rend en hélicoptère à Santa-Fé où, arguant un intérêt scientifique, il obtient de Mustapha Meunier l’autorisation de ramener John et sa mère à Londres. Pendant ce temps, à l’hôtellerie, John s’introduit dans la chambre de Lenina en cassant une vitre. Il contemple la jeune femme sous l’emprise du soma, puis se sauve à l’arrivée de Bernard Marx.

Chapitre 10

Le directeur s’apprête à faire un exemple public en sanctionnant Bernard Marx devant les meilleurs collaborateurs du centre. Mais la démonstration se retourne contre le directeur : Bernard fait entrer Linda qui se jette au coup de son ancien amant. John fait ensuite son entrée et se met à genoux devant lui en l’appelant « père ». Les rires éclatent, énormes, en rafales successives. Humilié, le directeur s’enfuit.

Chapitre 11

Le directeur a démissionné, mais son fils est la coqueluche du tout Londres. Linda quant à elle est pestiférée car le simple fait d'être une mère est une obscénité. Par-dessus tout, son physique est une abomination. Mais Linda ne souhaite pas être vue, seul compte les doses de soma qu’elle ingurgite les unes après les autres quitte à raccourcir dramatiquement son existence, car tel est le prix à payer pour les moments d’éternité qu’il procure. Le sauvage est au centre de toutes les attentions et Bernard, son gardien attitré, devient un personnage de toute première importance. Le succès lui monte à la tête. De son côté, Mustapha Meunier suit attentivement l’évolution des événements et lit régulièrement les rapports que Bernard lui adresse au sujet du sauvage. Ce dernier semble s’adapter assez vite à la technologie du monde civilisé, mais il refuse catégoriquement de prendre du soma. En visitant l’école supérieure d’Eton, John découvre avec stupéfaction, lors de la diffusion d’un documentaire, que les indiens des réserves et leur mode de vie sont la risée des étudiants. Le soir, occupé par un rendez-vous galant, Bernard demande à Lenina d’emmener John au cinéma sentant. La jeune femme est euphorique, elle voit une occasion de pouvoir faire l’amour avec le sauvage qui au fil des mois lui plait de plus en plus. Ils visionnent un film moralisateur, condamnant les relations amoureuses exclusives. Lenina trouve le film ravissant, tandis que John le trouve horrible. Pour Lenina, la soirée se termine mal, John la raccompagne chez elle, mais à se plus grande surpris il l’éconduit. Elle prend trois grammes de soma pour oublier son chagrin.

Chapitre 12

Alors que Bernard organise une soirée à son domicile avec plusieurs grands pontes dont l’archi-chantre de Canterbury, le sauvage refuse de se montrer et reste enfermé dans sa chambre. Lenina qui s’était rendue à l’invitation de Bernard dans l’espoir de revoir John sombre dans une mélancolie inaccoutumée. Les invités affichent leur mépris vis-à-vis de Bernard Marx et s’en vont fort mécontents. Au même moment, dans son bureau, Mustapha Meunier censure un livre qui remet en cause la course effrénée au bonheur. Le lendemain, Bernard trouve un peu de réconfort à ses misères en se confiant à ses deux seuls amis : John le sauvage et Helmholtz qui est en conflit avec les autorités. Ces deux-là éprouvent d’ailleurs de la sympathie l’un pour l’autre. A tel point que Bernard en ressentait une jalousie cuisante.

Chapitre 13

Henri Foster propose un cinéma sentant à Lenina Crowne qui décline l’invitation à son plus grand étonnement. Lenina n’a que faire des hommes qui passent dans sa vie, elle n’en veut qu’un seul qui l’obsède : John. Sur les conseils de Fanny, Lenina se décide à faire le premier pas et se rend chez le sauvage. Ce dernier lui avoue son amour : il admire tellement Lenina qu’il veut accomplir quelque chose pour être digne d’elle. La jeune femme ne comprend pas, pour elle ce n’est pas nécessaire. Pour John, un amour ne peut être consommé que dans un mariage indissoluble, notion totalement étrangère à Lenina. L’incompréhension entre eux est à son paroxysme quand Lenina commence à se déshabiller, sûre d’être désirée sexuellement par John. Le sauvage terrorisé devient comme fou, rejette violemment les étreintes de la jeune femme, la traite de « catin » et de « courtisane ». Lenina épouvantée se réfugie dans la salle de bains. John lui passe ses vêtements par le vasistas. Il passe un coup de fil puis disparaît.

Chapitre 14

Le sauvage arrive à l’hôpital de Park Lane pour mourants où sa mère vient d’être admise. Il n’y a plus d’espoir, elle est condamnée. Des enfants vagabondent entre les lits de mourants : il sont là pour être conditionnés à la mort. Linda qui délire ne reconnaît pas tout de suite John, elle croit voir Popé. Elle meurt après avoir prononcé le nom de son fils.

Chapitre 15

Le sauvage prend conscience que Linda était l’esclave du soma et que cette drogue l’a tuée. Il prend la parole alors qu’il assiste à une distribution de soma à des Deltas dans les couloirs de l’hôpital, accusant la précieuse drogue d’être un poison. Alertés par téléphone, Bernard et Helmoltz accourent à l’hôpital. John se bat avec les Deltas et jette les cachets de soma par la fenêtre au nom de la liberté, Helmoltz vient lui prêter main forte. Des policiers arrivent et répandent dans l’air d’épais nuages de vapeur de soma qui calment les combattants. Bernard, Helmoltz et John sont emmenés par les policiers.

Chapitre 16

Les trois fauteurs de trouble sont convoqués dans le bureau de l’administrateur Mustapha Meunier. Le sauvage admet ouvertement qu’il n’aime pas la civilisation au grand dam de Bernard. Mustapha cite un passage de Shakespeare, le visage du sauvage d’éclaire. L’administrateur fait les lois, il peut les enfreindre. Il a lu un livre interdit. Tout ce qui est vieux est interdit, place à la nouveauté. Mustapha explique que seul compte la stabilité du monde : les gens sont heureux car ils sont à l’aise, ils sont en sécurité, il ne sont jamais malades, ils n’ont pas peur de la mort, ils ignorent la passion et la vieillesse. Les castes apportent la stabilité, chaque être reste à son niveau. Et si par hasard quelque chose va de travers, il y a le soma. L’art et la science sont muselés car considérés comme dangereux pour la stabilité. L’administrateur leur apprend que la punition qui va leur être appliquée va en réalité être une récompense : il vont être envoyés sur une île où la société est composée de gens intéressants qui ont des idées indépendantes bien à eux, en un mot qui sont quelqu’un. Bernard Marx s’effondre à cette annonce, tandis Helmoltz Watson choisit une île au climat hostile plus propice selon lui à l’écriture.

Chapitre 17

Le sauvage reste seul avec Mustapha Meunier. Ce dernier lui avoue qu’en plus de l’art et de la science, la religion est un sujet qui l’a toujours vivement intéressé. Il sort de son coffre une Bible, ainsi que divers ouvrages religieux. Mais ceux-ci doivent rester cachés car le religieux est devenu superflu dans cette société où l’on reste jeune et où l’on est prospère. Le sauvage reproche à la civilisation de se débarrasser de tout ce qui est désagréable au lieu d’apprendre à s’en accommoder. Le sauvage réclame le droit d’être malheureux, l’administrateur promet de le lui accorder.

Chapitre 18

Le sauvage retrouve Bernard et Helmoltz qui lui disent au revoir : ils partent vers les îles. John a demandé à l’administrateur de pouvoir les suivre, mais ce dernier a refusé, voulant poursuivre l’expérience. Le sauvage a finalement choisi pour ermitage un vieux phare perché sur la côte anglaise. Il passe la première nuit à prier et choisit de vivre là parce que la vue est si belle qu’il a l’impression de contempler l’incarnation d’une chose divine. Pendant les premiers jours, il vit seul sans être dérangé. Il espère pouvoir vivre là en chassant des lapins et en cultivant son jardin, mais des travailleurs agricoles le surprennent en train de se flageller. Trois jours plus tard, les reporters arrivent. John chasse l’un d’eux à coup de pied dans le derrière, mais d’autres reporters arrivent à leur tour. L’un d’eux, Darwin Bonaparte filme le sauvage pendant qu’il se flagelle, coupable qu’il se sent de repenser à Lenina. Il sort un film, « le Sauvage de Surrey » qui rencontre un vif succès. Dès ce moment, la retraite de John est troublée par un flot ininterrompu d’hélicoptères de curieux qui l’observent comme une bête sauvage. John attaque Lenina alors que celle-ci se joint aux curieux avec Henri. Le lendemain, il se réveille et dégoûté par ce qu’il a fait, il se pend dans la cage d’escalier du phare.

Et à propos du roman ?

roman de Gregory Benford
Pièce de W.Shakespeare qui a inspiré le titre de l'ouvrage

Le Meilleur des mondes est un roman d'anticipation dystopique. Il a été publié en 1932. Huxley l'a rédigé en seulement quatre mois, dans le Sud de la France.
25 ans après, l'auteur publie un essai sur ce livre, intitulé Retour au meilleur des mondes. Il insiste sur les évolutions qu'il perçoit comme menaces et comme allant dangereusement vers le monde qu'il a décrit dans son ouvrage.

Le titre de l'ouvrage provient d'une pièce de William Shakespeare : La Tempête, dans l'acte VI, scène I. C'est une phrase qui est ironique.

Le roman décrit une société future dotée des caractéristiques suivantes :

Ce roman aborde les conceptions sur l'eugénisme, alors considéré par les contemporains de l'auteur comme une science à part entière.
Ce monde fictif anticipe ceux de Fahrenheit 451, ouvrage de Ray Bradbury.


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