La science-fiction dans le cinema

Blade Runner 2049

Le synopsis

En 2049, des humanoïdes issus du génie biologique, appelés réplicants, ont été intégrés dans la société pour assurer la survie de l'humanité. K, l'un des plus récents modèles conçus pour obéir, travaille comme blade runner au LAPD. Sa mission consiste surtout à pourchasser et éliminer les anciens modèles délinquants.

Dans une ferme, il élimine un ancien modèle et découvre par hasard une boîte enterrée au pied d'un arbre. L'analyse médico-légale révèle que ce sont les restes d'un réplicant femelle mort à la suite des complications d'une césarienne pratiquée dans l'urgence. K se rend au quartier général du LAPD, où il subit avec succès un test validant ses caractéristiques de réplicant. Sa supérieure, le lieutenant Joshi, lui ordonne de détruire toute trace pouvant mener à cette découverte, y compris l'enfant né à la suite de la procédure médicale. Joshi croit que cette information pourrait mener à une guerre entre les humains et les réplicants dotés d'une certaine autonomie.

K, troublé par cet ordre, se rend au bureau-chef de la société fabricant les réplicants, où son dirigeant Niander Wallace identifie le corps comme celui de Rachel, un prototype de réplicant ayant vécu 30 ans plus tôt. K apprend que Rachel et un ancien blade runner, Rick Deckard, ont eu une liaison amoureuse. Croyant que la reproduction entre réplicants peut augmenter la productivité de sa société, Wallace ordonne à Luv, un réplicant femelle doté de facultés de combat supérieures, de récupérer les restes de Rachel au LAPD et de suivre K dans le but de s'emparer de l'enfant. Wallace espère utiliser l'enfant pour mettre au point la reproduction des réplicants et étendre ses opérations dans les colonies spatiales.

De retour à la ferme, K met au jour une date cachée qui fait remonter chez lui le souvenir d'un petit cheval de bois qu'il aurait caché enfant dans une fonderie. Plus tard, dans un immense dépotoir de Los Angeles, il combat des delinquants. Luv bombarde la zone, le sauvant, puis il découvre le petit cheval de bois dans les ruines de la fonderie proche d'un orphelinat, ce qui lui laisse croire que ses souvenirs sont réels, alors que les souvenirs des réplicants sont implantés et donc faux. Pendant qu'il parcourt les enregistrements de naissance de cette année, K découvre que des jumeaux hétérozygotes sont nés ce jour-là, mais seul le garçon a survécu, ce qui le conforte dans sa croyance. Il se rend ensuite chez le Dr Ana Stelline, un ingénieur mémoriel qui vit dans une bulle stérile, qui lui rappelle qu'il est illégal d'implanter des mémoires humaines chez les réplicants, mais elle identifie le souvenir de K comme réel, ce qui l'amène à conclure qu'il pourrait être le fils de Rachel. De retour au quartier général du LAPD, il échoue au test de validation et K est suspendu par Joshi. K annonce qu'il a échoué au test parce qu'il a réussi la mission : l'enfant est mort. Joshi, sachant que K sera pourchassé, lui donne 48 heures pour disparaître avant qu'elle ne le déclare déviant.

K, impassible, fait analyser le petit cheval de bois. Il apprend qu'il comporte un motif de radiations qui ne se trouve que dans les ruines de Las Vegas. Se rendant sur place, il s'introduit dans un bâtiment, où il découvre Deckard vivant reclus dans un casino abandonné qu'il a piégé. L'ancien blade runner révèle qu'il a modifié les enregistrements de naissance pour brouiller les pistes et a laissé Rachel enceinte auprès de réplicants libres, sachant qu'elle y serait en sécurité. De son côté, après avoir tué Joshi, Luv se rend à Las Vegas, où elle s'empare de Deckard avec des hommes de main. Croyant K mort à cause de graves blessures, elle se rend au bureau-chef de la société Wallace. Sauvé par des réplicants libres, K apprend de Freysa, leur chef, que Rachel a donné naissance à une fille. K déduit qu'Ana Stelline est la fille de Deckard, puisqu'elle peut créer et implanter des souvenirs chez les réplicants. Freysa insiste auprès de K pour qu'il empêche à tout prix Wallace de découvrir le secret de la reproduction chez les réplicants, y compris tuer Deckard.

Au bureau-chef, Wallace déclare à Deckard que Tyrell a créé artificiellement les sentiments de Rachel dans le but de vérifier si un réplicant femelle peut porter un enfant. Même s'il lui présente une copie parfaite de Rachel, Deckard refuse de coopérer avec Wallace. Luv amène ensuite Deckard sur l'une des stations spatiales où elle aura le loisir de le torturer pour obtenir des informations. K abat les vaisseaux d'escorte, puis tue Luv au terme d'un long combat. Par la suite, il fait croire à la mort de Deckard pour le protéger à la fois de Wallace et des réplicants, puis l'amène voir Ana Stelline. Avant que Deckard n'entre dans le bâtiment pour rencontrer sa fille, K se plaint que ses meilleurs souvenirs appartiennent à Stelline. Blessé après son combat contre Luv, il s'étend sur les marches à l'entrée tout en regardant la neige tomber et succombe à ses blessures.

L'accueil des critiques

Dans les pays anglo-saxons, le film recueille des critiques globalement favorables. Sur le site Rotten Tomatoes, il obtient un pourcentage de 88% de critiques favorables, avec une note moyenne de 8,2/10 sur la base de 294 critiques collectées. Sur Metacritic, il atteint le score de 81/100 sur la base de 51 critiques collectées.

En France, l'accueil critique est positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,8/5, et des critiques spectateurs à 3,8/549.

Pour Jacques Morice de Télérama, « C'est le défi un peu fou de ce Blade Runner 2049 : aller totalement à contre-courant des blockbusters actuels, de leur montage effréné et de leurs effets spectaculaires, en privilégiant le plan-séquence et la profondeur de champ. On est immergé, enraciné dans ce futur, de manière lente, hypnotique. Certaines zones post-apocalyptiques et la quête de l'officier K (allusion au Joseph K. du Procès de Kafka ?) font penser à Stalker, de Tarkovski. [...] Le périple agrège anticipation et archéologie — y compris cinématographique, Villeneuve glissant lui-même des hommages à des maîtres, de Stanley Kubrick au Fritz Lang de Metropolis. ».

Pour Thomas Sotinel du Monde, « (Denis Villeneuve) a produit un film cauchemardesque et magnifique, immersion toxique et exquise dans un univers qui distille les résultats cataclysmiques des choix malheureux de l’humanité. ».

Pour Olivier Lamm de Libération, « Blade Runner 2049 n'est ni plus ni moins qu’un énième sequel d'exploitation qui photocopie et étire en dépit du bon sens les beaux mystères du film de Ridley Scott et du court roman de Philip K. Dick qu’il adaptait, incapable de trouver une raison valide ou un endroit original où exister. [...] Que nous montre, que nous raconte cette science-fiction si lisse, si scrupuleusement dessinée ? Précisément, rien de suffisamment consistant pour provoquer l'effroi ni le vertige, encore moins l'émotion. »

Les clins d'oeil

De nombreuses références au film Blade Runner sont présentes dans le film de 2017. En effet, de nouveau, de nombreuses publicités sont visibles dans le film pour les mêmes entreprises qu'à l'époque (Atari, The Coca-Cola Company, Pan Am etc.) malgré parfois leur disparition dans le monde réel. La marque Peugeot est-elle aussi mise en avant, par exemple, comme constructeur fictif de spinners.

Des scènes particulières du film font aussi clairement des parallèles à l'ancien film, à l'instar de la mort de K qui rappelle la mort de Roy Batty, un combat final sous la pluie, les scènes des premiers « retraits » de réplicants, la proximité entre les personnages de Mariette et de Pris, ou encore les références aux yeux (le gros plan sur l'iris d'un œil et les numéros de séries sur cet organe). L'arme utilisée par les blade runners est aussi volontairement la même dans les deux films.

Des références à la littérature sont également faites, par exemple à Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick par l'intermédiaire d'un origami de Gaff en forme de mouton, ou à Feu pâle de Vladimir Nabokov dont un extrait est récité par K lors de ses tests post-traumatique. Le nom de l'officier K est peut-être également une référence au Joseph K du Procès de Franz Kafka.

La marque d'un piano, C. Bechstein, est elle une référence à une ancienne affiche publicitaire des années 1920 qui rappelle la décoration de l'hôtel et les couleurs orangées et jaune du Las Vegas pollué.

Enfin, dans le bâtiment de la Wallace Corp., un réplicant rappelant les traits d'un « ingénieur » de l'univers d'Alien dont Ridley Scott a réalisé plusieurs films comme Alien, le huitième passager (1979), Prometheus (2012) et Alien: Covenant (2017). Une lettre dans Prometheus faisait déjà allusion à une entreprise créant des réplicants, la Tyrell Corporation ou la Wallace Corporation.

Alien : le huitieme passager

Le synopsis

En 2122, le cargo interstellaire Nostromo retourne vers la Terre lorsque l'ordinateur de bord — appelé « Maman » — interrompt le trajet et réveille l'équipage maintenu en biostase.

Surpris de ne pas être arrivés à destination, les sept astronautes apprennent qu'un signal sonore inconnu a été capté à mi-chemin, émis depuis un planétoïde du système Binaire Zeta Réticuli. Leur contrat stipulant qu'ils sont tenus d'enquêter sur toute possibilité de vie extraterrestre, ils décrochent la remorque du vaisseau et se rendent sur la petite planète LV-426. L'atterrissage, rendu difficile par le relief, provoque des avaries. Pendant que le lieutenant Ripley, l'officier scientifique Ash (en), l'ingénieur Parker et le technicien Brett restent à bord pour effectuer les réparations et guider leurs coéquipiers, le capitaine Dallas, l'officier en second Kane et la navigatrice Lambert s'aventurent vers la source du signal.

Ils y découvrent un vaisseau extraterrestre à l'intérieur duquel repose le cadavre fossilisé d'un gigantesque humanoïde. En l'examinant, ils remarquent que des os de son thorax sont éclatés, comme s'ils avaient explosé de l'intérieur. Pendant ce temps, Ripley informe Ash qu'après analyse par l'ordinateur de bord, le signal apparaît être une sorte d'avertissement. Comme les transmissions avec leurs coéquipiers sont interrompues, elle veut aller les avertir. Ash l'en dissuade, lui rétorquant que le temps qu'elle les rejoigne, ils sauront déjà si c'est effectivement un avertissement. À bord du vaisseau extraterrestre, Kane trouve un passage menant aux soutes. Descendant le long d'un filin, il aperçoit des centaines d'objets ressemblant à des œufs. Alors qu'il s'approche de l'un d'eux, celui-ci s'ouvre et éjecte brutalement une créature arachnéenne qui transperce la visière de son casque et s'agrippe à son visage.

De retour au vaisseau, l'équipe reste bloquée dans le sas par Ripley. Elle veut les maintenir en quarantaine pendant 24 heures — conformément au règlement — pour ne pas contaminer l'ensemble de l'équipage. Comme elle reste sourde aux menaces de Dallas, Ash, de sa propre initiative, ouvre le sas. Kane est ensuite emmené dans l'infirmerie où Dallas et Ash s'ingénient à détacher la créature de son visage. Alors qu'ils commencent à découper une de ses pattes, de l'acide en jaillit qui dissout aussitôt le plancher de l'infirmerie et celui du pont situé en dessous. De peur de tuer Kane et d'endommager la coque du vaisseau, ils décident de ne plus rien tenter. Ash, comme fasciné, commence alors à étudier la créature. Celle-ci meurt quelques heures plus tard, après s'être détachée d'elle-même du visage de Kane.

Le vaisseau réparé, l'équipage décolle et s'arrime à la remorque restée en orbite. Kane se réveille peu après, groggy mais apparemment sain et sauf. Pour fêter l'événement, les astronautes décident de se restaurer avant de reprendre leur voyage en biostase. À peine ont-ils commencé à manger que Kane est pris de convulsions. Son thorax est perforé par une créature reptilienne d'une trentaine de centimètres qui s'extirpe de son corps et s'enfuit. Après avoir éjecté la dépouille de Kane dans l'espace, l'équipage s'emploie à retrouver l'Alien, s'équipant de détecteurs de mouvement et d'aiguillons électriques. Vu la taille du vaisseau, les astronautes décident de se séparer en deux équipes.

Au cours de leurs recherches, Brett, Parker et Ripley détectent quelque chose mais il ne s'agit que de Jones, le chat de l'équipage. Alors que Brett part à sa poursuite pour que l'incident ne se reproduise pas, il est attaqué par l'Alien qui, après avoir mué, a une taille de plus de deux mètres. Lorsque Parker et Ripley accourent, il s'échappe par une bouche d'aération en emportant le corps de Brett. Informé des événements, Dallas décide de parcourir méthodiquement les gaines d'aération pour repousser l'Alien vers un sas et l'éjecter dans l'espace. Sur le conseil d'Ash, il s'équipe d'un lance-flamme, la plupart des animaux fuyant devant le feu. Mais il ne peut rien contre la rapidité de l'Alien et se fait prendre à son tour. Lambert, paniquée, insiste alors pour qu'ils abandonnent le vaisseau et s'échappent à bord de la navette de secours. Ripley lui répond que c'est impossible car elle ne peut pas transporter quatre personnes.

En consultant l'ordinateur de bord pour trouver une solution, Ripley apprend qu'Ash a reçu secrètement un ordre prioritaire de leur compagnie : ramener la créature sur Terre pour analyse. Toute autre considération est secondaire, y compris la survie de l'équipage. Ash la surprend et l'attaque pour qu'elle ne prévienne pas les autres. Au moment où il tente de l'étouffer, ils sont rejoints par Parker et Lambert. Dans la mêlée qui suit, Parker arrache la tête d'Ash en le frappant avec un extincteur. Le liquide blanchâtre qui s'échappe de son corps leur révèle alors sa nature d'androïde. Encore capable de se jeter sur Parker, il est mis hors d'état de nuire par Lambert qui le pique avec son aiguillon électrique. Espérant qu'il pourra leur dire comment tuer l'Alien, Ripley décide de rebrancher ses circuits. Ash, qui admire la créature, leur explique qu'ils n'ont aucune chance mais tient à leur témoigner sa sympathie. De rage, Parker enflamme les restes de son corps.

Les trois membres restants décident de s'enfuir et de faire exploser le Nostromo. Alors que Ripley prépare la navette de secours, Parker et Lambert vont chercher des bonbonnes de fréon nécessaires à leur biostase. Ripley se rappelle soudain qu'ils ont oublié le chat Jones. Elle le retrouve dans la cabine de pilotage du vaisseau et l'enferme dans une cage. Entendant Parker et Lambert crier, elle court leur porter secours mais arrive trop tard. Désormais seule survivante, elle active le système d'autodestruction du vaisseau et se dirige vers la navette avec Jones. En chemin, l'Alien lui barre le passage. L'explosion étant imminente, elle fait demi-tour pour désactiver le système d'autodestruction mais n'y parvient pas. Elle se rue à nouveau vers la navette et découvre le passage libre. Elle attrape la cage de Jones, entre dans la navette et l'éloigne du Nostromo qui est détruit dans une explosion titanesque.

Ripley place Jones dans une couchette et se déshabille pour se mettre en biostase. Elle découvre alors avec effroi que l'Alien s'est caché à bord. Il est étrangement passif, comme endormi. Elle enfile une combinaison spatiale, s'arme d'un pistolet lance-grappin et s'attache à un siège. Puis elle force l'Alien à sortir de sa cachette en déclenchant un jet de gaz. Au moment où il s'apprête à l'attaquer, elle ouvre le sas. La décompression expulse l'Alien, mais il parvient à s'agripper au cadre de la porte. Elle lui tire dessus avec le lance-grappin. L'Alien, blessé, lâche prise, est entraîné dans l'espace, mais la porte du sas se referme et coince le câble du lance-grappin. Retenu par le câble, l'Alien parvient à s'agripper à une tuyère de la navette et commence à se faufiler dedans. Ripley, qui a vu la manœuvre par un hublot, enclenche les moteurs dont la poussée propulse l'Alien dans le vide sidéral. Ripley enregistre un message dans le journal de bord expliquant la destruction du Nostromo et la perte de l'équipage, puis se met en biostase avec Jones pour le voyage de retour vers la Terre.

L'accueil des critiques

Avec un budget d'environ 11 000 000 US$, Alien a été un succès commercial en salles. À sa sortie initiale, il a réalisé 102 944 891 US$ au box-office mondial, dont 78 944 891 US$ aux États-Unis et au Canada et 24 000 000 US$ à l'étranger. Le film est sorti en Amérique du Nord le 25 mai 1979 : distribué dans 91 salles, il était numéro 1 au box-office dès le premier week-end, et avait déjà rapporté 3 527 881 US$. Alien a ensuite alterné entre les première et troisième places durant plus de vingt semaines consécutives12. Alien a rapporté 4 727 920 US$ en France (2 809 875 entrées) et 228 889 US$ en Belgique, où il est sorti respectivement les 12 et 13 septembre 1979.

Le succès du film a engendré une franchise, dont trois suites directes appartenant à la saga Alien où l'on retrouve l'héroïne principale Ellen Ripley en confrontation avec la même espèce de créatures, appelées par la suite les xénomorphes. En 2012, Ridley Scott a réalisé Prometheus, initialement prévu comme une préquelle directe à Alien, mais le projet est devenu une histoire indépendante toutefois située dans le même univers. Sa suite, Alien : Covenant, reprend cependant les origines de la création du xénomorphe tel qu'on le connaît avant les événements du premier Alien et renoue avec l'objectif initial, à savoir servir de préquelle.

Les clins d'oeil

C'est sans aucun doute Alien qui a déclenché la plus grande vague d'adoration des films de Ridley Scott, au point que l'industrie de l'entertainment est toujours occupée, plus de vingt ans après, à fabriquer des avatars du film – pour l'instant, cinq jeux vidéo et quatre sequels cinématographiques, d'Aliens (1986) à Alien vs. Predator (2004).
Inversement, Alien évoque 2001 l'Odyssée de l'espace ( 1968) de Stanley Kubrick – un équipage en hibernation, le dialogue avec un ordinateur central à interface de sortie vocale – et Silent Running (Douglas Trumbull, 1972) – un petit nombre de personnes aux rapports conflictuels, œuvrant pour le compte d'intérêts qui les dépassent, dans les interminables coursives d'un gigantesque vaisseau spatial.

Enfin, Alien partage avec La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead, 1968, de George Romero) le choix de conjuguer la situation narrative du huis clos avec la figure de l'ennemi indestructible, dont on peut seulement retarder la victoire.

2001 : l'odyssee de l'espace

Le synopsis

2001, l'Odyssée de l'espace retrace, à travers différentes époques, le rôle joué par une intelligence inconnue dans l'évolution de l'humanité.

À la merci des prédateurs, chassée de son point d'eau par un groupe rival, une tribu d'australopithèques est sur le point de disparaître. Mais un matin, ils découvrent un imposant monolithe noir devant la caverne qui leur sert d'abri. Après l'avoir touché, ils ont soudain l'idée de se servir d'os comme armes et apprennent à tuer du gibier. Ce premier acte de violence est suivi par l'attaque pour reprendre le point d'eau, qui réussit par le meurtre du chef du groupe rival.

En 1999, le Dr Heywood Floyd, un scientifique américain, se rend sur la Lune pour enquêter sur une fantastique découverte gardée secrète : les équipes de la base de Clavius ont relevé dans le cratère de Tycho une anomalie magnétique provoquée par un monolithe noir. Celui-ci aurait été volontairement enfoui dans le sous-sol lunaire, quatre millions d'années plus tôt. Peu après que le Dr Floyd a touché le monolithe, celui-ci émet une puissante onde radioélectrique en direction de Jupiter.

En 2001, le vaisseau Discovery One (Explorateur Un dans la version française) fait route vers Jupiter. Son équipage est composé de deux astronautes, Dave Bowman et Frank Poole, de trois savants maintenus en hibernation, et de HAL 9000 (CARL dans la version française), un ordinateur de bord doté d'une intelligence artificielle. Un jour, Bowman et Poole inspectent une pièce que HAL a signalée comme défectueuse, mais ne trouvent rien d'anormal. L'ordinateur étant réputé infaillible, ils s'inquiètent des conséquences de cette découverte sur le bon déroulement de leur mission. HAL, qui les surveille à leur insu, apprend qu'ils envisagent de le déconnecter pour parer à tout incident ultérieur. S'estimant indispensable à la mission, HAL décide alors de se débarrasser de ses partenaires humains. Lors d'une sortie extravéhiculaire de Poole, il prend le contrôle de sa capsule et la projette au loin dans l'espace. Il profite ensuite de l'absence de Bowman, parti à son secours, pour désactiver les caissons d'hibernation des savants, les condamnant à mort. Lorsque Bowman revient avec le corps de Poole, il lui refuse l'accès au Discovery One, lui expliquant qu'il met en péril la mission. Bowman lui réplique qu'il compte entrer par un accès de secours mais HAL lui indique que sans casque — parti en hâte, Bowman l'a oublié — la chose est impossible. Peu rassuré, Bowman ouvre l'écoutille, utilise le système d'éjection de sa capsule pour se propulser dans le vaisseau et rétablit la pressurisation, échappant de peu à l'hypoxie. Il se dirige alors vers le « centre nerveux » de HAL et désactive un à un ses blocs mémoires. Il découvre ainsi un message pré-enregistré du Dr Floyd, devant être diffusé à la fin du voyage, qui relate l'épisode lunaire et précise que la mystérieuse onde radioélectrique était pointée vers Jupiter.

Arrivé près de Jupiter, Bowman quitte le Discovery One à bord d'une capsule pour observer un gigantesque monolithe noir en orbite autour de la planète. Il est alors aspiré dans un tunnel coloré et, terrifié, voyage à une grande vitesse à travers l'espace, découvrant d'étranges phénomènes cosmiques et des paysages extraterrestres aux couleurs étonnantes. Et puis soudain, il se retrouve dans une suite d'hôtel de style Louis XVI tenu par des extraterrestres où il se voit vieillir prématurément. Alité et mourant, il tente de toucher un monolithe noir qui apparaît devant lui. Il renaît alors sous la forme d’un fœtus entouré d'un globe de lumière et est téléporté dans l'espace, près de la Terre.

L'accueil des critiques

Derrière sa réputation de premier grand long-métrage de science-fiction de l’histoire, le film est en effet davantage une expérience d’abstraction métaphysique qu’une œuvre de genre. Précisément, Kubrick parvient à asseoir tout un ensemble de codes précis - mise en valeur de la beauté technologique, disproportion de l’homme par rapport au vaisseau et à l’espace... - sans jamais tomber dans les affres de la caricature ou pire, le risque de se démoder. Quarante ans après sa sortie, tout en étant entièrement passé à côté des évolutions de la technique, l’univers du cinéaste est toujours aussi crédible dans sa cohérence et son esthétique propres. C’est ce caractère d’universalité qui constitue d’ailleurs le propos central : le monolithe tant de fois parodié traverse la chronologie du récit, depuis ce qui est présenté comme « l’aube de l’humanité » jusqu’à un « au-delà de l’infini » incertain et contradictoire. 2001 : l’odyssée de l’espace est une méditation peu bavarde et par là troublante, comme si le spectateur parvenait à se retrouver isolé face au cosmos.

Le film est reçu de manière partagée par la critique et le public à sa sortie mais, au fil du temps, il acquiert un statut de film culte et connaît un énorme succès au box-office. Quelques années après sa parution, il devient finalement le plus gros succès du box-office nord-américain en 1968. Aujourd'hui, 2001, l'Odyssée de l'espace est acclamé par la critique, le milieu du cinéma et le public. Nommé à quatre Oscars, il ne reçoit finalement que celui des meilleurs effets visuels. En 1991, il est sélectionné par la bibliothèque du Congrès pour son « importance culturelle, historique ou esthétique » et est classé au National Film Registry. La place primordiale qu'occupe 2001, l'Odyssée de l'espace dans l'histoire du cinéma en fait l'un des plus grands films de tous les temps.

Les clins d'oeil

Le film, devenu culte depuis longtemps, est une référence. Il y a ainsi de nombreux clins d'oeil, que ce soit au cinéma, à la télévision, dans la littérature ou encore dans les jeux vidéo.

On peut prendre l'exemple de la série Farscape où, et ce plusieurs fois dans la série, Harvey (l'entité qui n'existe que dans le cerveau de John Crichton) avait puisé dans la culture cinématographique de son hôte Terrien pour discuter avec lui dans une illusion de situation reprenant une scène de film marquant. Lors de l'une des scènes de conclusion de la mini-série, Harvey envoie John dans la scène finale de 2001.

Au sein d'une reproduction de la chambre blanche au riche mobilier ancien et au carrelage immaculé, se trouve le monolithe noir, (avec un reflet brillant, contrairement au noir « mange lumière » du vrai film) Crichton pourvu d'un scaphandre spatial noir, et Harvey, (à la combinaison exceptionnellement gris clair et non noir) couché dans le lit luxueux.

Valerian

Le synopsis

À la suite de la rencontre historique Apollo-Soyouz en 1975, d'autres nations envoient des cosmonautes rejoindre la station spatiale. Dans les siècles suivants, de nombreux extraterrestres, de toutes formes, rejoignent la station spatiale. Rebaptisée Alpha, celle-ci devient trop vaste et risque de s'écraser sur la Terre. D'un commun accord, les dirigeants des races qui peuplent l'immense station décident de l'éloigner de la Terre. Pendant son voyage, elle continue cependant de croître jusqu'à héberger 17 millions d'êtres vivants.

En 2740, les agents spatio-temporels Valérian et Laureline accomplissent des missions à bord de leur vaisseau. Un jour, Valérian rêve d'un monde inconnu peuplé d'êtres anthropomorphes qui vivent près d'une plage idyllique où ils recueillent des perles dotées de propriétés insolites. De petits animaux répliquent ces perles, répliques qui sont versées dans un puits lors d'un rituel de remerciements pour les dons de la Nature. Quelques instants plus tard, les habitants de cette planète, appelée Mül, voient avec effroi des vaisseaux spatiaux tomber du ciel et venir s'écraser sur leur planète. Seuls quelques survivants parviennent à se protéger d'une terrifiante explosion qui ravage la planète. Valérian se réveille brusquement, ignorant quelle est la provenance de ce rêve et s'il comporte une part de vérité...

Peu après, Valérian et Laureline reçoivent la mission de retrouver un réplicateur qui se trouve dans les mains d'un extraterrestre l'offrant sur le marché noir. En route vers Alpha, Valérian demande à Laureline de l'épouser, mais celle-ci refuse à cause de son immaturité. Arrivé sur la planète, Valérian confronte le trafiquant, lui vole le petit animal ainsi qu'une perle de Mül. Il observe également deux créatures qu'il a vues dans son rêve, mais s'enfuit lorsque la situation dégénère. Lui et Laureline parviennent à rejoindre leur vaisseau, malgré le fait qu'ils soient poursuivis par un prédateur extraterrestre particulièrement rapide et agressif.

De retour sur Alpha, ils apprennent du Commandeur Filitt que la station est menacée par une zone radioactive que les instruments ne peuvent pas analyser ; également, aucun soldat n'est revenu de missions d'exploration. La Zone continue de s'étendre et atteindra l'ensemble de la station dans quelques semaines. Le Commandeur exige que Laureline lui remette le réplicateur, mais elle refuse. Pendant une réunion du conseil de sécurité de la station Alpha, des habitants de Mül font irruption dans la salle, paralysent les participants, y compris Valérian et Laureline, et kidnappent le Commandeur. Valérian parvient à ouvrir la gangue dans laquelle il était enfermé, libère Laureline et poursuit les extraterrestres à bord du vaisseau, qui se dirigent vers la zone infectée. Pendant sa poursuite, il perd contact avec Laureline.

Elle le retrouve près d'un précipice, mais Laureline est capturée par des extraterrestres anthropophages. Valérian la libère grâce à la collaboration d'un être protéiforme, qui meurt pendant leur fuite. Les deux agents pénètrent dans la zone infectée, pour découvrir qu'elle abrite les survivants Perles de la planète Mül, ainsi que le Commandeur Filitt. Les agents apprennent qu'au cours d'une attaque extraterrestre, qui s'est produit en orbite autour de Mül, Filitt a dirigé une flotte de vaisseaux à proximité de Mül et a ordonné un tir de missiles à fusion contre la flotte ennemie. Ces missiles étaient aussi des armes de destruction massive ; le Commandeur a donc condamné la planète, même s'il savait qu'elle était habitée par des millions d'êtres vivants conscients. Des survivants ont échappé à la destruction et ont acquis la technologie nécessaire à leur survie et aux voyages spatiaux, et de ce fait devenait des témoins compromettant pour le Commandeur. Valérian comprend que la zone infectée est en fait un vaisseau spatial qui permettra aux survivants de fonder une nouvelle planète.

Ils ont seulement besoin d'une perle, que Valérian possède, et du réplicateur, que Laureline possède, pour que le vaisseau puisse voyager dans l'espace. Les deux agents contactent le centre de commande et révèlent l'histoire à la hiérarchie d'Alpha. Le Commandeur Filitt ordonne alors à son escorte personnelle de robots de détruire les preuves et de tuer les témoins de son crime. Valérian et Laureline, avec l'aide d'officiers humains, stoppent l'attaque des robots, ce qui permet au vaisseau mül de quitter la station. Par la suite, Filitt est capturé et Valérian et Laureline se déclarent leur amour mutuel.

L'accueil des critiques

Aux États-Unis, la critique est plutôt mitigée. Elle souligne la richesse visuelle de l'ensemble et l'inventivité des propositions, mais ajoute que la faiblesse du scénario, la dynamique des personnages, le jeu des acteurs et la qualité inégale des effets spéciaux affaiblissent le résultat final. Sur Rotten Tomatoes, le film obtient un score mitigé : 54 % d'avis positifs sur un total de 131 critiques, 50 % sur la base des 42 critiques les plus influentes. Le film se classe même deuxième dans le top 10 des plus mauvais films de 2017 établi par The Hollywood Reporter - le magazine américain le qualifiant de « naufrage flagrant », « obscur, pas drôle, indéchiffrable, indigeste ». Même son de cloche pour Rolling Stone, qui classe le film à la septième place des plus mauvais films de l'année - la faute, selon le magazine, à son casting boiteux, à sa longueur et à son caractère brouillon. A sa sortie, CNN le définit également comme un sérieux prétendant au titre de « plus mauvais film de l'année - ou du moins de gaspillage le plus ostentatoire » (si le film est « visuellement somptueux », les acteurs n'y font preuve « d'aucun charisme ni d'aucune alchimie », les twists sont prévisibles, les caméos gratuits, la tonalité retenue (« ni intelligente, ni drôle ») reste problématique en tant qu'elle minore l'action. The New-York Times déplore des dialogues censés être « badins » mais en réalité sans saveur, portés par des acteurs « aussi mignons que des bébés salamandres », dans un film réalisé par quelqu'un de « tellement enchanté par son packaging criard qu'il en oublie ce qu'il doit mettre à l'intérieur ». Variety se montre un peu indulgent à l'égard du film. S'il en pointe les défauts (la prestation de Dane DeHaan, les dialogues maladroits), le magazine voit dans le projet une imitation de La Guerre des étoiles délicieusement "old school", qui nous propulse d'un cliffhanger à l'autre avec une relative aisance.

Au Québec, la réception est du même ordre. Les critiques déplorent une romance peu convaincante entre les deux acteurs, un scénario et des dialogues faibles et des thèmes traités d'une manière simpliste39, mais aussi le sexisme du film « techniquement à la fine pointe, mais sexuellement au goût d'hier ».

En France, l'accueil critique est un peu plus enthousiaste : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,1/5, et des critiques spectateurs à 3,8/541. Pour Télérama, « le scénario est simpliste » mais « le spectacle est hors du commun ». Première pense que « la première heure de Valérian et la Cité des mille planètes pourrait bien rester dans les annales, en associant brillamment les deux grandes tendances de la science-fiction : la prospection […] et l'imagination jusqu'au délire » mais « lorsque le carcan du scénario – déjà vu et prévisible – se referme sur Valérian, le film semble fonctionner sur les réserves, vite à court d'énergie ». Le Figaro affirme qu'« on ressort de Valérian avec des ailes aux pieds, sachant que cette œuvre hors du commun, qui innove à chaque scène, est l'antiblockbuster américain ».

Parmi les critiques négatives, Le Monde considère que le film est « à éviter » : « Laissant ses personnages à l’état de figures, ses situations à l’état d’esquisses, Besson n’a pas su combler le vide entre les cases de la bande dessinée. Le récit, la chair, la vie, font défaut. » Le journal critique également le personnage joué par Cara Delevingne considérant qu'« elle […] est cette aventurière typiquement bessonnienne [...]. La personnalité en moins. Elle n’a pour exister que son joli minois et les quelques lignes de dialogues téléphonés dont on a bien voulu la gratifier. » La critique de Libération déclare qu'« avec son blockbuster [de science-fiction] à 180 millions d’euros, Luc Besson n’a jamais joué aussi gros. Défi risqué pour un film sans originalité ni relief. »

Les clins d'oeil

Il s'agit d'une libre adaptation de l'univers de la série de bande dessinée française Valérian et Laureline, dessinée par Jean-Claude Mézières et scénarisée par Pierre Christin. Le titre du film fait référence au deuxième album, L'Empire des mille planètes, paru en 1971, mais reprend principalement la trame du sixième album, L'Ambassadeur des Ombres, paru en 1975.

La bande dessinée

Valérian, agent spatio-temporel est une série de bandes dessinées de science-fiction réalisée par le scénariste Pierre Christin, le dessinateur Jean-Claude Mézières et la coloriste Évelyne Tranlé. Elle est publiée pour la première fois en 1967 dans Pilote et éditée en album chez Dargaud à partir de 1970. Pour le quarantième anniversaire de sa création, en 2007, la série est rebaptisée Valérian et Laureline.


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