Alors qu’il entre dans sa vingt-cinquième année, Picasso change son style de peinture. Il décompose et reproduit les objets en formes géométriques simples

De 1907 à 1914, il réalise avec Georges Braque des peintures qui seront appelées « cubistes ». Elles sont caractérisées par une recherche sur la géométrie et les formes représentées : tous les objets se retrouvent divisés et réduits en formes géométriques simples, souvent des carrés. Cela signifie en fait qu'un objet n'est pas représenté tel qu'il apparaît visiblement, mais par des codes correspondant à sa réalité connue.

Dans la première période du cubisme, dénommé cubisme analytique (1909/10 à 1912), les portraits ou les natures mortes sont analysés de plusieurs points de vue grâce à l’éclatement du volume en différentes facettes et à l’indépendance des divers plans.

Les couleurs utilisées ne respectent plus la couleur réelle des objets et se limitent à des camaïeux quasiment monochromes. Une grande importance est laissée à la lumière et à la transparence des plans.

Les zones contrastées de lumière et d’ombre contribuent à représenter le relief ; elles permettent aussi, comme c’est le cas pour les perspectives, d’intégrer plusieurs sources de lumière.

Dans la phase qu’on appelle le cubisme synthétique, située entre 1912 et 1914 environ, des artistes comme Georges Braque, Pablo Picasso, Juan Gris et Fernand Léger, partant d’éléments abstraits, utilisent les techniques picturales cubistes pour recomposer des nouveaux motifs. Le procédé du papier collé est né ; c’est le départ de toutes les techniques de collage..

En 1912, Braque crée, suivi par Picasso, des « sculptures constructions cubistes » en papier qui les conduisirent à l’invention du premier papier collé (Braque, « Compotier et verre », septembre 1912 ; Picasso, « Guitare et feuille de musique » , octobre 1912).

Six mois plus tard, Picasso colle une toile cirée figurant un cannage dans une de ses toiles (« Nature morte à la chaise cannée », 1912) et insère alors le premier collage dans ses œuvres. C’est grâce aux papiers collés et au collage que les deux artistes vont réintroduire la couleur dans leurs tableaux. Selon Braque, « le papier collé affranchit la couleur du modèle » ; elle se dégage alors de la forme et devient indépendante.

L’art africain exerce également une influence non négligeable sur Picasso et Braque. On sait que Pablo Picasso en particulier a fait entrer dans son œuvre sa passion des collections et son goût de l’expérimentation. C’est lui qui inaugura l’utilisation en peinture de l’art tribal africain.

En plus des nombreux masques et statuettes, les innombrables photographies d’origine africaine qui font partie de son héritage témoignent de l’intérêt subtil qu’il portait aux coiffures et ornements capillaires féminins

Dès 1908, Picasso et Braque cherchent à dégager les formes essentielles (polyèdres, cylindres, cônes) et fragmentent les volumes. Tous deux dépersonnalisent l' »acte de peindre » grâce à un graphisme simple.

Max Jacob se rappelle que Pablo Picasso avait découvert la sculpture africaine dans l’atelier d’Henri Matisse. Celui-ci avait mis dans la main de Picasso une statue en bois noir, dont il ne s’en était plus séparé de toute la soirée. Le lendemain dans l’atelier de Picasso, apparaissaient nombre de dessins de têtes de femmes avec un seul œil ou un nez très long.

Oeuvres analytiques

Oeuvre synthétique